Après une remontée progressive depuis l’automne 2025, les taux de crédit immobilier se stabilisent en juin 2026 autour de 3,39% sur 20 ans, pendant que la production de crédits progresse de 6 à 10% sur un an.
Le marché du crédit immobilier entre dans une phase d’attentisme prudent. Plusieurs baromètres publiés par les courtiers Meilleurtaux, Pretto et Eloa concordent : les taux moyens ont cessé de grimper en juin, après huit mois de hausse continue. Chez Meilleurtaux, les taux moyens affichés s’établissent à 3,25% sur 15 ans, 3,39% sur 20 ans et 3,44% sur 25 ans, soit des niveaux globalement stables par rapport à mai. Pretto observe des « ajustements limités » avec des taux moyens de 3,37% sur 15 ans, 3,47% sur 20 ans et 3,53% sur 25 ans, malgré un contexte international tendu autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz.
Une pause bienvenue après huit mois de hausse
Cette stabilisation tranche avec la trajectoire haussière amorcée en septembre 2025. L’Observatoire Crédit Logement/CSA, qui fait référence sur l’évolution des crédits immobiliers, chiffrait le taux moyen à 3,20% en janvier 2026, puis 3,23% en mars. Le point bas de juin 2025, à 3,06%, semble désormais loin. La remontée avait été progressive mais continue, portée par la hausse des taux obligataires et des incertitudes économiques, notamment le retour d’une inflation mesurée autour de 2% par l’Insee et une croissance en berne.
Malgré cette trajectoire moins favorable qu’au printemps 2025, le marché reste bien plus dynamique qu’en 2023 ou 2024. Selon Meilleurtaux, la production de crédits immobiliers progresse d’environ 10% sur un an en ce début d’année. Pretto évoque de son côté une hausse d’environ 6% au premier trimestre 2026 par rapport au premier trimestre 2025. Les banques continuent de prêter à des conditions bien plus favorables qu’il y a un an, portées par une stratégie commerciale offensive sur les profils attractifs.
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Taux moyens observés en juin 2026
- 15 ans : 3,25% Ã 3,37%
- 20 ans : 3,39% Ã 3,47%
- 25 ans : 3,44% Ã 3,53%
- Production crédits T1 2026 : +6% à +10% vs T1 2025
Source : Moneyvox/Meilleurtaux · Capital/Pretto
Le crédit immobilier reste l’arme de conquête des banques
Le crédit immobilier confirme son rôle central dans la stratégie commerciale des établissements. Dans un environnement où les taux moyens sont passés d’environ 1% en 2021 à plus de 3% aujourd’hui, le produit n’a plus rien de l’ultra-rentable qu’il était. Les marges se sont resserrées, la réglementation s’est durcie et la production a ralenti. Pourtant, les banques en font toujours leur vitrine commerciale. Selon Sandrine Allonier, citée par Capital, « pour atteindre leurs objectifs commerciaux, les banques vont maintenir des taux attractifs en 2026 ».
Cette concurrence se concentre sur les profils jugés attractifs : primo-accédants, jeunes actifs, ménages disposant d’épargne ou hauts revenus. Certaines enseignes multiplient ainsi les opérations commerciales ciblées. Sur le terrain, avec 1 500 euros de mensualité à 3,39% sur 20 ans, un couple peut emprunter environ 260 000 euros. Pour un crédit de 300 000 euros, la mensualité atteint 1 733 euros, ce qui suppose un salaire net mensuel d’environ 5 250 euros pour respecter le taux d’endettement maximal de 33%.
Vers 3,55% en fin d’année, puis 4% fin 2027
La stabilité de juin n’est qu’une pause. L’Observatoire Crédit Logement/CSA anticipe une remontée progressive au second semestre 2026, pour atteindre 3,55% en fin d’année, puis 3,95% au quatrième trimestre 2027. Cette trajectoire s’inscrit dans la continuité d’une hausse mesurée, sans choc brutal, portée par les incertitudes économiques et la prudence des établissements sur leurs marges. « Les distributeurs vont regarder avec prudence toute remontée des taux pour ne pas briser un peu plus un marché déjà très fragile », souligne Michel Mouillart, président de l’Observatoire.
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Le blocage ne vient plus tant du niveau des taux d’intérêt que du niveau d’apport personnel requis. Selon l’Observatoire, l’apport moyen dans les transactions a grimpé de 3,2% au premier trimestre 2026 (en glissement annuel), alors qu’il avait reculé de 6,5% en 2025, année de reprise des transactions. La demande se resserre dans l’ancien au profit des ménages aux revenus moyens à élevés et des secundo-accédants, qui ont porté le marché en 2025 et début 2026. Le poids des moins de 35 ans recule doucement, tout comme celui des ménages gagnant moins de trois SMIC.
Sur le front des prix immobiliers, la Fnaim mesure une hausse de 0,8% en 2025 après deux années de correction. Le marché a réalisé environ 800 000 transactions en 2024, contre 1,1 million en 2022. Si cette hausse des prix se poursuit, deux scénarios se dessinent : soit la part des mensualités dans les revenus des emprunteurs augmente, soit le nombre d’emprunteurs se réduit. Dans ce contexte, la capacité d’apport devient déterminante. Le professeur d’économie Michel Mouillart note toutefois que « les conditions de crédit sont bonnes aujourd’hui. Les ménages disposent de l’une des meilleures capacités d’achat des 25 dernières années », à condition de disposer des fonds propres nécessaires.
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