Après plusieurs mois de remontée, les taux de crédit immobilier marquent une pause en juin 2026. Les banques maintiennent leurs barèmes autour de 3,3% malgré le tour de vis monétaire de la Banque centrale européenne.
Les courtiers Meilleurtaux, Pretto et Empruntis relèvent tous le même phénomène : une stabilisation des taux après une phase offensive en début d’année. Chez Meilleurtaux, les taux moyens s’établissent à 3,25% sur 15 ans, 3,39% sur 20 ans et 3,44% sur 25 ans. Pretto affiche 3,37% sur 15 ans, 3,47% sur 20 ans et 3,53% sur 25 ans. Empruntis annonce 3,35% sur 15 ans, 3,45% sur 20 ans et 3,55% sur 25 ans.
Taux moyens crédit immobilier en juin 2026
- 15 ans : 3,25% Ã 3,37%
- 20 ans : 3,39% Ã 3,47%
- 25 ans : 3,44% Ã 3,55%
- Production de crédits : +10% sur un an (Meilleurtaux)
- Durée moyenne d’emprunt : 254 mois (21 ans et 2 mois)
Source : Capital.fr · MoneyVox
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Cette pause intervient dans un contexte inhabituel. La BCE vient de relever ses taux directeurs pour freiner l’inflation, une décision qui devrait logiquement pousser les banques à augmenter leurs barèmes. Pourtant, les établissements optent pour l’immobilisme.
Les banques ignorent (provisoirement) le signal de la BCE
L’explication tient en une phrase de Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer : « Les banques conservent une politique commerciale offensive pour capter des emprunteurs avant la trêve estivale ». En clair, les établissements privilégient la conquête de parts de marché avant les vacances. Relever les taux maintenant reviendrait à perdre des dossiers au profit de concurrents plus agressifs.
Le vrai taux de référence pour les banques n’est d’ailleurs pas celui de la BCE, mais l’OAT à 10 ans. Ce taux d’emprunt de l’État français sert de base au coût de financement des prêts immobiliers. Or, l’OAT reste pour l’instant relativement stable, ce qui permet aux banques de maintenir leurs grilles sans rogner leurs marges.
Résultat : la production de crédits progresse d’environ 10% sur un an selon Meilleurtaux, avec une hausse de 6% au premier trimestre 2026 par rapport au premier trimestre 2025 chez Pretto. Le marché reste bien plus dynamique qu’en 2023 ou 2024, années de quasi-gel du crédit.
Allongement de la durée pour compenser la hausse des taux
Face à des taux qui restent supérieurs aux niveaux de 2021-2022 (où l’on trouvait du 1,5% sur 20 ans), les banques utilisent un levier mécanique : allonger la durée des prêts. La durée moyenne atteint désormais 254 mois, soit environ 21 ans et 2 mois, un niveau historiquement élevé.
Côté emprunteur type, pour un achat à 250 000 euros avec 20 000 euros d’apport, un taux à 3,4% sur 20 ans donne une mensualité d’environ 1 350 euros hors assurance. Passer à 25 ans réduit cette mensualité de 120 à 150 euros, ce qui permet de rester dans les clous du taux d’endettement à 35%. En contrepartie, le coût total du crédit augmente mécaniquement : environ 75 000 euros d’intérêts sur 20 ans contre 95 000 euros sur 25 ans.
Les meilleurs profils (primo-accédants, jeunes actifs avec épargne, ménages à hauts revenus) peuvent encore négocier des taux inférieurs à la moyenne, parfois autour de 3,1% à 3,2% sur 15 ans. Certaines enseignes multiplient les opérations commerciales ciblées, avec des enveloppes limitées dans le temps.
En termes de stratégie, comparer trois à quatre propositions reste la règle. Les écarts entre établissements peuvent atteindre 0,3 point sur un même profil, soit plusieurs dizaines d’euros de mensualité. L’attentisme ne paie pas : Ludovic Laborde, cofondateur d’Eloa, prévient que « les futurs emprunteurs ne doivent pas attendre une chute massive des taux ».
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
