Le Livret A passe sous 2 % pendant que les fonds euros dépassent 2,5 % : l’écart de rendement déclenche un transfert massif d’épargne vers l’assurance-vie.
Depuis l’été 2025, les Français déplacent plusieurs milliards d’euros du Livret A vers l’assurance-vie. Selon les données de la Caisse des Dépôts publiées fin décembre, l’encours du Livret A a reculé de 800 millions d’euros entre octobre et novembre 2025, pour s’établir à 438,9 milliards d’euros. Pendant ce temps, les fonds euros affichent un rendement moyen de 2,6 % en 2024 selon Capital, contre 1,3 % en 2020. Le taux du Livret A, après deux baisses successives (de 3 % à 2,4 % en février 2025, puis à 1,70 % en août), est tombé à 1,50 % le 1er février 2026 selon Meilleurtaux Placement.
Chiffres clés
- Taux Livret A (février 2026) : 1,50 %
- Rendement moyen fonds euros 2024 : 2,6 %
- Baisse encours Livret A (oct.-nov. 2025) : 800 millions €
- Encours Livret A (nov. 2025) : 438,9 milliards €
- PEL à clôturer (2026-2030) : 3,2 millions de contrats
Source : Capital via Yahoo Finance · Meilleurtaux Placement
Rendement net : l’assurance-vie prend l’avantage malgré la fiscalité
Le Livret A reste exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux. Les 1,50 % affichés sont donc du net. Pour l’assurance-vie, les gains subissent 17,2 % de prélèvements sociaux. Selon Meilleurtaux Placement, un fonds euros doit afficher 2,6 % brut pour servir 2,15 % net, soit l’équivalent du taux moyen 2025 du Livret A (2,16 %). Avec un rendement brut de 2,7 %, le fonds euros délivre 2,2 % net après prélèvements sociaux, battant ainsi le Livret A 2026.
Antoine Delon, président de Linxea, résume la situation dans une interview diffusée par Yahoo Finance : « Le match est terminé, le Livret A est complètement K.O. versus le fonds euros. » Cette formule reflète un basculement observable dans les flux : plusieurs milliards d’euros ont quitté le Livret A pour l’assurance-vie entre janvier et novembre 2025, tendance qui devrait s’amplifier en 2026 selon les professionnels du secteur.
3,2 millions de PEL arrivent à échéance d’ici 2030
Un deuxième flux d’épargne devrait alimenter l’assurance-vie à partir de mars 2026. Entre cette date et 2030, 3,2 millions de Plans d’épargne logement atteindront leur durée maximale de 15 ans et devront être clôturés. Ces contrats, souvent dormants, représentent des encours significatifs. Lorsque le titulaire récupère son capital, le réflexe de réallocation se porte majoritairement vers l’assurance-vie, produit sécuritaire historique des Français.
Cette échéance mécanique intervient alors que l’immobilier locatif recule de 20 % en volume de transactions selon les données du marché évoquées dans une vidéo YouTube consultée. Les contraintes réglementaires (DPE, encadrement des loyers), la hausse de la taxe foncière (+ 20 % en deux ans) et la complexité administrative découragent les investisseurs particuliers. Résultat : l’argent qui aurait financé un bien locatif s’oriente désormais vers les supports d’assurance-vie, fonds euros ou unités de compte (SCPI, fonds obligataires, produits structurés).
Stratégie 2026 : doser liquidité et performance après prélèvements
Côté pratique, le Livret A conserve trois atouts irremplaçables : plafond de 22 950 euros, disponibilité immédiate, exonération totale. Il reste pertinent pour constituer une épargne de précaution équivalant à trois à six mois de dépenses. Au-delà, l’assurance-vie devient l’outil privilégié pour dégager de la performance nette sur un horizon supérieur à huit ans (abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple).
Les professionnels recommandent de garnir d’abord le Livret A jusqu’au plafond pour la sécurité et la liquidité, puis de basculer les excédents vers une assurance-vie multisupport. Sur les fonds euros, la garantie en capital s’applique. Sur les unités de compte, le capital n’est pas garanti, mais l’horizon long terme permet de lisser la volatilité. Les nouveaux acteurs évoqués par Antoine Delon (Remake, Iroko) affichent des performances supérieures aux SCPI traditionnelles, mais exigent un placement sur au moins huit à dix ans.
Dernier point de vigilance : la flat tax (prélèvement forfaitaire unique de 30 %, incluant 12,8 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux) pourrait être révisée en 2026 dans le cadre du collectif budgétaire. Selon Dogfinance, une augmentation de la CSG ou une refonte du PFU modifierait les calculs de rendement net. En attendant une éventuelle réforme, l’arbitrage reste favorable à l’assurance-vie pour tout montant dépassant le plafond du Livret A.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
