Ramify et Nalo affichent tous deux 0 % de frais d’entrée et 1 000 € de ticket d’accès. Sur le papier, elles se ressemblent. Mais entre une gestion pilotée à 1,20 % et une autre à 1,65 %, l’écart annuel paraît minuscule : sur trente ans de capitalisation, il devient l’un des leviers les plus sous-estimés de votre patrimoine.
Deux fintechs françaises dominent aujourd’hui la conversation sur la gestion pilotée en assurance-vie. Nalo, créée en février 2016 et dirigée par Clément Nouvet, joue la carte de l’épargne organisée par projet de vie. Ramify, plus récente, mise sur des frais serrés et un univers d’investissement élargi aux SCPI et au private equity. Les deux ont supprimé les frais de versement et d’arbitrage qui plombaient les contrats bancaires traditionnels.
La question posée par les épargnants n’est pas anodine. Choisir une enveloppe d’assurance-vie en gestion pilotée, c’est confier son capital pour vingt ou trente ans à un mandat. L’antériorité fiscale du contrat, la clause bénéficiaire, la performance nette de frais : tout se joue sur la durée. Un point de pourcentage de différence sur les frais annuels n’est jamais anecdotique quand on raisonne en horizon de vie. Voilà pourquoi ce comparatif mérite mieux qu’un tableau de logos.
Frais, ticket d’entrée, structure : là où les deux acteurs se rejoignent
Commençons par ce qui est vrai et vérifiable. Ramify et Nalo demandent le même versement initial de 1 000 € à l’ouverture. Ce n’est pas un frais, simplement le seuil d’accès au contrat. Un montant raisonnable pour une gestion pilotée, mais qui vise clairement des épargnants prêts à investir sérieusement, pas à tester avec quelques centaines d’euros.
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Sur les frais de versement, d’arbitrage et de sortie, les deux affichent 0 %[3]. C’est le socle commun des gestions pilotées nouvelle génération. les assurances-vie traditionnelles facturent encore parfois 2 %, 3 %, voire 5 % sur chaque versement. Autrement dit, une partie de votre argent disparaît avant même d’être investie. Ramify et Nalo ont supprimé cette ponction invisible, et c’est une vraie rupture avec les contrats bancaires classiques.
Les deux reposent sur une allocation personnalisée en ETF, avec un fonds euros disponible et un statut de conseiller en investissements financiers agréé par l’AMF[1]. Nalo loge ses contrats chez Generali, Ramify propose deux assureurs, Apicil et Generali. La différence structurelle majeure : Nalo est le seul des deux à proposer le multi-projets avec sécurisation progressive automatique, quand Ramify est le seul à intégrer SCPI et private equity directement dans son mandat.
C’est sur le coût global annuel que l’écart se creuse réellement. Voici la structure de frais des principales gestions pilotées en 2026, hors frais des supports ETF.
| Contrat | Frais UC | Frais gestion pilotée | Total hors supports |
|---|---|---|---|
| Ramify | 0,5 % | 0,5 Ã 0,9 % | 1 Ã 1,4 % |
| Nalo | 0,45 Ã 0,5 % | 0,9 Ã 0,95 % | 1,4 % (1,35 % PER) |
| Yomoni | 0,6 % | 0,1 Ã 0,8 % | 0,9 Ã 1,4 % |
| Goodvest | 0,4 Ã 0,6 % | 0,9 % | 1,3 Ã 1,5 % |
Source : Ramify
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Les frais de gestion pilotée de Ramify sont dégressifs à partir de 100 000 € investis[3]. Chez Nalo, le total plafonne autour de 1,4 %, et MoneyVox relève un maximum de 1,65 %[5] tous frais confondus selon les profils. L’écart n’est pas gigantesque en apparence, mais il est certain, contractuel, et il court chaque année.
La vérité de l’écart de frais : ce que 0,30 point fait sur trente ans

Un épargnant regarde la performance affichée. Il devrait d’abord regarder les frais, parce que ce sont les seuls paramètres certains de l’équation. La performance est aléatoire, les frais ne le sont jamais. Selon Signal-Alpha, l’avantage de frais de Ramify, de l’ordre de 0,20 à 0,40 point face à ses concurrents, se traduit sur 20 ans en milliers d’euros d’économies[1].
Prenons un exemple générique. Un capital de 100 000 € placé sur trente ans, à performance brute identique, subit une érosion mécanique par les frais. Un demi-point d’écart annuel de frais, capitalisé sur trois décennies, ampute la valeur finale de plusieurs dizaines de milliers d’euros. C’est l’intérêt composé qui joue contre vous : chaque euro prélevé en frais est un euro qui ne produit plus rien les années suivantes. Voilà pourquoi le raisonnement en horizon long change tout.
Ramify affiche selon ses propres données un rendement annualisé pouvant atteindre 12,31 % à 12,68 % sur cinq ans[4] en gestion pilotée, chiffres à prendre avec la prudence d’usage puisqu’ils émanent de l’acteur lui-même. MoneyVox, source indépendante, situe la performance 2025 de Ramify entre +2,82 % et +5,42 %[5] selon les profils, et sur cinq ans entre +6,33 % et +14,44 %. Pour Nalo, MoneyVox relève une performance 2025 de -1 % à +5,70 %, et de -1,03 % à +6,17 % sur cinq ans.
Ces fourchettes disent l’essentiel : la comparaison n’a de sens qu’à niveau de risque équivalent. Un profil dynamique surperforme toujours un profil prudent en marché haussier, et l’inverse en marché baissier. Le vrai juge de paix reste la performance nette de frais, à risque comparable. Sur ce terrain, l’avantage de coût de Ramify se transforme mécaniquement en avantage de rendement net, toutes choses égales par ailleurs.
Frais et transmission : les vrais enjeux du choix
Personnalisation contre coût : deux philosophies de l’épargne
Nalo a construit son identité autour d’une idée simple mais puissante : structurer l’épargne par objectif de vie. Retraite, achat immobilier, épargne de précaution, chaque projet reçoit son allocation propre, avec une sécurisation progressive automatique à l’approche de l’échéance. C’est particulièrement pertinent pour un épargnant qui veut flécher son capital vers des horizons distincts sans multiplier les contrats.
Concrètement, deux clients Nalo optant tous deux pour une gestion pilotée n’auront pas le même portefeuille : l’un privilégiera davantage de supports immobiliers, l’autre une part plus forte d’ETF. Résultat, des performances de fin d’année différentes, car les allocations n’ont pas été structurées de la même façon[5]. C’est le principe même de la gestion sur-mesure, que l’on pourrait qualifier de gestion profilée pilotée.
Ramify pousse la logique de personnalisation encore plus loin, avec 91 allocations personnalisées[1], la granularité la plus fine du comparatif. Surtout, elle offre une diversification multi-classes unique : ETF, SCPI et private equity dans une seule enveloppe, sans ouvrir de contrat séparé. Pour un épargnant qui cherche à accéder à l’immobilier ou au non-coté sans complexifier sa structure patrimoniale, c’est un argument de poids.
Le choix se résume alors à une question d’organisation mentale de votre épargne. Vous pensez en projets de vie cloisonnés ? Nalo est le mieux outillé. Vous cherchez le coût le plus bas couplé à la diversification la plus large ? Ramify prend l’avantage. Aucune des deux réponses n’est universellement supérieure.
Les erreurs à éviter avant de signer
Première erreur : comparer des frais partiels. Les frais du contrat et les frais de gestion pilotée doivent être additionnés, à niveau de service équivalent. Ajoutez aussi les frais des supports ETF, de l’ordre de 0,20 %[1], souvent oubliés dans les brochures. Un contrat annoncé à 1 % qui grimpe à 1,4 % tous frais compris n’a rien d’exceptionnel, c’est juste la réalité du coût total.
Deuxième erreur : se focaliser sur la performance d’une année. La performance 2024 exceptionnelle de certains profils dynamiques ne préjuge en rien de 2026. Ce qui compte, c’est la cohérence de l’allocation avec votre horizon et votre tolérance au risque. Un profil dynamique n’a de sens que si vous n’avez pas besoin du capital avant huit à dix ans minimum.
Troisième erreur, la plus coûteuse à long terme : négliger la clause bénéficiaire et l’antériorité fiscale. L’assurance-vie n’est pas qu’un placement, c’est un outil de transmission. Passé huit ans de détention, l’enveloppe offre une fiscalité allégée sur les rachats. Et au décès, les capitaux transmis via l’assurance-vie bénéficient d’un régime successoral spécifique, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans. Choisir sa fintech sans penser à la rédaction de la clause bénéficiaire, c’est passer à côté de la moitié de l’intérêt du contrat.
Notre analyse : le match ne se joue pas là où on le regarde
Sur les frais bruts, Ramify gagne le comparatif, c’est net. Signal-Alpha et Avenue des Investisseurs convergent : Ramify affiche le coût total le plus bas du marché parmi les gestions pilotées, avec une diversification unique et une granularité d’allocation inégalée. Nalo reste très bien positionné face aux contrats bancaires, mais paie sa spécialisation multi-projets par un total de frais légèrement supérieur.
Ce que personne ne dit vraiment, c’est que le choix entre les deux ne devrait pas se faire sur 0,30 point de frais, aussi réel soit cet écart. Il devrait se faire sur l’adéquation entre l’outil et votre stratégie patrimoniale globale. Un épargnant qui veut sanctuariser un apport immobilier dans cinq ans tout en préparant sa retraite dans vingt-cinq ans tire un bénéfice concret de l’architecture multi-projets de Nalo. Un épargnant qui veut le rendement net maximal sur un horizon long, avec accès au non-coté, trouve chez Ramify l’outil le plus efficient.
Au-delà du gain immédiat de frais, l’intérêt réel de ces contrats se joue sur la durée et à la transmission. Les deux offrent l’antériorité fiscale de l’assurance-vie, la souplesse des rachats partiels et la puissance de la clause bénéficiaire. Le vrai gagnant, c’est l’épargnant qui aura choisi son enveloppe en fonction de son cycle de vie, pas de la promesse de performance de l’année écoulée. La fintech n’est qu’un véhicule. La stratégie, elle, reste la vôtre.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.
Ramify ou Nalo 2026 : frais et gestion pilotée comparés
- Ticket d'entrée identique : 1 000 € chez Ramify comme chez Nalo
- 0 % de frais de versement, d'arbitrage et de sortie pour les deux
- Total des frais Ramify : 1 Ã 1,4 % hors supports, contre 1,4 % chez Nalo
- Ramify intègre SCPI et private equity ; Nalo propose le multi-projets
- Nalo, créée en 2016, est dirigée par Clément Nouvet
- Abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans
Sources
4 sources · 10 faits vérifiés
