Les fonds euros affichent un rendement moyen de 2,1 % en 2026, après plusieurs années de baisse continue. Cette progression modeste relance le débat sur leur place dans une allocation patrimoniale équilibrée face aux unités de compte.
Le fonds euros reste le support préféré des épargnants français en assurance-vie. Sur 1 850 milliards d’euros d’encours totaux, 1 200 milliards sont encore logés sur ce support garanti. Pourtant, son rendement réel, net d’inflation, reste négatif en 2026. L’inflation prévue autour de 2 % annule mécaniquement le gain nominal. En clair : le capital est protégé, mais le pouvoir d’achat stagne.
Rendement 2026 et composition du portefeuille
Les assureurs ont relevé leurs taux de 0,3 point par rapport à 2025, profitant de la remontée des taux d’intérêt des obligations souveraines françaises et allemandes. Concrètement, un fonds euros investi à 75 % en obligations d’État françaises à 10 ans (rendement 3,2 %) génère un taux technique brut de 2,4 %, auquel les assureurs retranchent environ 0,3 point de frais de gestion. Le rendement final servi aux épargnants oscille entre 1,8 % et 2,4 % selon les contrats.
Cette hausse masque une réalité structurelle : la remontée des taux profite d’abord aux nouvelles obligations achetées par les assureurs. Les portefeuilles obligataires historiques, constitués entre 2015 et 2021 avec des taux moyens inférieurs à 1 %, pèsent encore lourd dans les bilans. Il faudra attendre 2028 pour que le renouvellement complet des portefeuilles permette de stabiliser les rendements au-dessus de 2,5 %.
Unités de compte et allocation dynamique
Face à ce constat, les assureurs poussent l’allocation en unités de compte. Les supports actions mondiales affichent une performance moyenne de 8,2 % en 2025, les fonds obligataires diversifiés 4,1 %, les SCPI de rendement 4,5 %. Sur un contrat moderne, il est possible de composer une allocation 30 % fonds euros, 40 % fonds obligataires, 30 % actions. Le rendement espéré atteint 4,8 % brut, soit 3,6 % après prélèvements sociaux et avant fiscalité, avec une volatilité maîtrisée.
Les contrats lancés en 2026 intègrent désormais des mécanismes d’allocation pilotée : l’assureur ajuste automatiquement la répartition selon l’âge de l’épargnant et l’horizon de placement. À 50 ans, la part d’actions peut représenter 40 % du portefeuille. À 70 ans, elle descend à 15 %. Cette gestion dynamique limite les risques de marché tout en capturant une partie de la performance des marchés financiers.
Pour un épargnant de 55 ans disposant de 200 000 euros sur un fonds euros à 2,1 %, le gain annuel brut s’élève à 4 200 euros, soit 3 150 euros net après prélèvements sociaux. En réallouant 60 % sur des unités de compte mixtes à 5 % de rendement moyen, le gain net passe à 5 400 euros. L’écart représente 2 250 euros par an, soit 33 750 euros sur quinze ans, hors effet de capitalisation.
Le fonds euros conserve un rôle dans une stratégie patrimoniale : celui de réserve de liquidité sécurisée et de poche de stabilité en cas de correction brutale des marchés. Mais sa fonction historique de placement de rendement à long terme s’efface progressivement. Les CGP recommandent désormais de limiter la part fonds euros à 30 % de l’enveloppe assurance-vie, sauf pour les épargnants de plus de 75 ans privilégiant la sécurité absolue du capital.
Fonds en euros 2026, rendement attendu et alternatives en unités de compte
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