Depuis l’ouverture de la campagne de déclaration des revenus 2025 le 9 avril 2026, des milliers de faux courriels usurpant l’identité de la Direction générale des finances publiques circulent, promettant un remboursement ou menaçant d’une saisie administrative.
Le timing n’est jamais innocent. Les escrocs savent que les contribuables s’attendent à recevoir des communications fiscales à cette période. Ils exploitent cette fenêtre de vulnérabilité avec une efficacité redoutable, selon le ministère de l’Intérieur qui a confirmé une nouvelle vague d’attaques par phishing en mars 2026.
Deux scénarios reviennent en boucle dans les boîtes mail : soit un faux remboursement de trop-perçu (219 euros, 490 euros ou d’autres montants précis), soit une fausse menace de saisie administrative à tiers détenteur (SATD) pour un montant impayé de 343,01 euros qui doublerait à 675 euros sans règlement immédiat. Les montants inhabituels créent une impression d’authenticité, comme s’ils résultaient d’un vrai calcul administratif.
L’adresse de l’expéditeur, premier signal d’alerte
Le réflexe de survie numérique tient en une seconde de vérification : regarder l’adresse de l’expéditeur. L’administration fiscale n’utilise que des adresses se terminant par @dgfip.finances.gouv.fr. Tout autre domaine, même s’il contient les mots « impots », « dgfip » ou « finances », est frauduleux.
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Selon la Direction générale des finances publiques, ses sites internet ont des adresses avec le domaine .gouv.fr réservé à l’État. Les faux sites collectent vos numéros de carte bancaire, date d’expiration et parfois les codes reçus par SMS via des pages visuellement calquées sur les pages gouvernementales, mais dont l’URL est une suite suspecte de lettres sans le suffixe impots.gouv.fr.
Ne vous laissez pas impressionner par la présence du logo officiel, d’un tampon ou d’une signature manuscrite prétendument signée par « l’inspectrice générale des finances ». Personne de ce grade ne vous contactera jamais par mail à propos de vos impôts, ni pour un remboursement ni pour un redressement.
Trois règles que la DGFiP ne franchit jamais
L’administration fiscale ne demande jamais vos coordonnées bancaires par courriel. Elle n’envoie jamais d’email vous invitant à vous rendre sur un formulaire en ligne pour obtenir un remboursement sans vous connecter à votre espace authentifié sur impots.gouv.fr. Elle ne notifie jamais le résultat d’un examen de situation fiscale par simple mail.
Le second signal d’alerte, c’est l’urgence absolue que le message cherche à installer : « aujourd’hui », « dans les prochaines heures », « exécution imminente ». Cette pression est un marqueur classique du phishing. Les vraies procédures administratives laissent toujours un délai de recours et de réponse.
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Si vous recevez un message suspect, supprimez-le sans cliquer sur aucun lien. Connectez-vous ensuite directement sur impots.gouv.fr via votre navigateur (pas via un lien) pour vérifier si un courrier officiel figure dans votre messagerie sécurisée ou si un paiement est réellement dû.
Que faire si vous avez cliqué sur le lien
Si vous avez saisi vos coordonnées bancaires sur un faux site, faites immédiatement opposition auprès de votre banque. Signalez ensuite l’escroquerie sur la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur et déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerie.
La période de déclaration des revenus court jusqu’au 29 mai 2026 pour les déclarations papier et jusqu’aux dates butoirs échelonnées par département pour les déclarations en ligne (entre le 22 mai et le 5 juin selon votre zone de résidence). Les arnaques devraient persister au moins jusqu’à ces dates, et même après lors de la période de réception des avis d’imposition à l’été.
Sur le terrain, les signalements se multiplient. Des collègues et auditeurs de la radio ICI ont rapporté avoir reçu des faux mails dès le 9 avril, certains mentionnant des « cas de fausse déclaration ou d’omission de déclaration sur la période d’octobre 2022 à juillet 2025 » et réclamant 9 191 euros via un RIB communiqué dans le message. La mise en scène est soignée, mais le fond reste identique : voler vos données bancaires.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
