Le rendement moyen des fonds euros atteint 2,65 % en 2025 selon l’ACPR, mais les écarts entre contrats du même assureur s’étendent de 2,15 % à 4,50 %. La composition du portefeuille obligataire explique ces différences.
L’assurance-vie a terminé 2025 sur un encours record de 2 107 milliards d’euros, dont 1 475 milliards logés sur des fonds en euros. Ces supports à capital garanti captent 70 % de l’épargne des assurés. Le rendement moyen servi en 2025 s’établit à 2,60 % selon France Assureurs, 2,65 % d’après l’ACPR. Troisième année consécutive de stabilité, largement au-dessus du Livret A tombé à 1,5 % net depuis le 1er février 2026.
Cette moyenne masque des écarts considérables. Les fonds euros les moins performants ont servi 2,15 %, les meilleurs 4,10 % nets de frais. Certains contrats ont même dépassé 4,50 % avec un bonus conditionnel lié aux unités de compte. Ces différences tiennent à un élément que peu d’épargnants regardent : la composition du portefeuille obligataire.
70 Ã 80 % d’obligations, mais lesquelles
Un fonds en euros contient entre 70 et 80 % d’obligations. La qualité de ces titres détermine le rendement final. Les assureurs qui ont privilégié des obligations d’État françaises ou allemandes à faible rendement affichent des performances proches de 2,15 %. Ceux qui ont diversifié vers des obligations d’entreprises investment grade ou des emprunts périphériques mieux rémunérés dépassent 3,5 %.
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La duration du portefeuille joue également. Un fonds qui détient des obligations achetées entre 2020 et 2022, quand les taux étaient négatifs ou nuls, peine à servir plus de 2,20 %. Un fonds qui a renouvelé une part significative de son portefeuille en 2023-2024, au pic des taux directeurs de la BCE à 4 %, affiche mécaniquement 3,5 à 4 % de rendement actuariel.
Fonds euros 2025, chiffres clés
- Rendement moyen : 2,65 % (ACPR)
- Fourchette observée : 2,15 % à 4,50 %
- Encours total assurance-vie : 2 107 milliards d’euros
- Part des fonds euros : 1 475 milliards d’euros (70 %)
- Collecte nette 2025 : 50,6 milliards d’euros
Source : ACPR / Banque de France · France Assureurs
Les assureurs ont puisé dans leurs réserves
Pour maintenir des rendements stables, les assureurs ont entamé leurs provisions pour participation aux bénéfices. La PPB est estimée à 3,7 % des encours à fin 2025, après 4 % en 2024 et 4,5 % en 2023. Ce coussin de sécurité s’amincit. Les assureurs qui affichent 4,50 % en 2026 ont probablement distribué une part significative de leur PPB pour compenser un portefeuille obligataire vieillissant.
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Reste que cette stratégie n’est pas reproductible indéfiniment. Un assureur qui distribue 4,50 % alors que son portefeuille rapporte 3 % devra, à terme, réduire sa générosité ou inciter massivement ses clients à basculer vers les unités de compte. Les contrats affichant un bonus conditionnel au-delà de 4 % exigent souvent 30 à 50 % d’allocation en UC.
Comparer son contrat au Livret A ne suffit plus
Le taux moyen du Livret A s’est établi à 2,16 % en 2025, compte tenu des baisses successives de février et août. Pour égaler cette performance après prélèvements sociaux de 17,2 %, un fonds euros doit servir au minimum 2,6 %. Or un tiers des contrats en circulation restent sous ce seuil.
L’horizon d’épargne moyen d’un contrat d’assurance-vie atteint 12,8 ans. Sur les treize dernières années, le rendement moyen des fonds euros ressort à 2,1 %, contre 1,3 % pour le Livret A et le LDDS. Mais cette moyenne agrège des contrats à 4,10 % et d’autres à 2,15 %. La vraie question patrimoniale en 2026 n’est plus « fonds euros ou Livret A », mais « quel fonds euros ».
Les unités de compte ont rapporté 4,7 % en moyenne en 2025, nettes de frais de contrats et de coûts récurrents des fonds. Soit près du double des fonds euros. Pour un épargnant de moins de 55 ans avec un horizon supérieur à dix ans, un contrat 100 % fonds euros à 2,15 % relève davantage de l’inertie que de la stratégie.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
