Goodvest lance un fonds en euros écarté des énergies fossiles, avec un rendement minimum garanti de 3 % pour 2026. Sur le papier, c’est une double promesse rare : la sécurité du capital et un plancher de rémunération affiché à l’avance. Reste à savoir ce que cette garantie vaut vraiment face aux SCPI et aux fonds euros classiques.
Le fonds en euros était donné pour mort il y a encore quelques années. Rendements en berne, inflation qui grignote le capital, épargnants qui fuyaient vers les unités de compte. Le produit revient pourtant au centre du jeu, et Goodvest joue une carte inhabituelle : un fonds en euros garanti sans énergies fossiles, avec un taux plancher annoncé à 3 % pour l’année en cours.
La nouveauté n’est pas tant le rendement que la combinaison. Un fonds en euros reste par définition un placement à capital garanti, adossé majoritairement à des obligations. Y ajouter un filtre d’exclusion sur le charbon, le pétrole et le gaz, tout en promettant un minimum contractuel de 3 %, positionne le produit sur un créneau que peu d’assureurs occupent. Pour l’épargnant, la vraie question est celle du rapport rendement, risque et liquidité comparé aux alternatives.
Ce que promet réellement le fonds euros Goodvest
Le cœur de l’offre tient en un chiffre : un rendement minimum garanti de 3 % pour 2026. C’est un engagement contractuel, pas une simple projection. Sur un fonds en euros classique, l’assureur communique généralement un taux servi une fois l’année écoulée, sans engagement préalable. Ici, le plancher est posé à l’avance, ce qui change la nature du raisonnement pour l’épargnant : il connaît le pire scénario de rémunération avant même de verser.
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Le second pilier, c’est le filtre extra-financier. Le fonds exclut les énergies fossiles de son allocation obligataire. Cette approche répond à une demande croissante d’épargne alignée sur des critères environnementaux, sans sacrifier la garantie en capital propre au fonds en euros. Le compromis est habile : on ne demande pas à l’épargnant de choisir entre ses convictions et la sécurité de son épargne.
Attention toutefois à ce que recouvre une garantie de rendement minimum. Un plancher affiché pour une année donnée ne préjuge pas des années suivantes. Les fonds euros à taux boosté ou garanti fonctionnent souvent avec des conditions : montant minimum de versement, part obligatoire en unités de compte, durée de détention. Ces clauses, quand elles existent, modifient sensiblement le rendement réel perçu par l’épargnant sur la totalité de son contrat.
Le contexte de taux explique ce retour en grâce. La remontée des taux obligataires a redonné de l’oxygène aux fonds en euros, dont le rendement dépend directement des obligations en portefeuille. Un plancher à 3 % n’aurait tout simplement pas été tenable dans l’environnement de taux bas des années précédentes. C’est cette fenêtre de marché qui rend l’offre crédible aujourd’hui.
Fonds euros garanti contre SCPI : deux logiques opposées

Comparer un fonds en euros garanti à une SCPI, c’est comparer deux univers de risque. Le fonds en euros offre une garantie en capital : ce qui est versé ne peut pas baisser en valeur nominale. La SCPI, elle, n’offre aucune garantie. Son taux de distribution se traduit par des revenus potentiellement plus élevés, mais la valeur des parts fluctue au gré du marché immobilier, comme l’ont rappelé les corrections de valorisation observées sur plusieurs SCPI ces dernières années.
La liquidité les sépare tout autant. Sur un fonds en euros, les rachats sont traités rapidement. Sur une SCPI, revendre ses parts peut prendre du temps, surtout en période de marché tendu, où les demandes de retrait s’accumulent parfois sans contrepartie acheteuse. Un épargnant qui a besoin de mobiliser son capital à court terme ne raisonne pas de la même façon selon le support.
| Critère | Fonds euros garanti Goodvest | SCPI |
|---|---|---|
| Garantie en capital | Oui | Non |
| Rendement 2026 | Minimum garanti 3 % | Variable selon la SCPI, non garanti |
| Liquidité | Élevée (rachats rapides) | Faible à moyenne |
| Filtre énergies fossiles | Oui (exclusion) | Selon la société de gestion |
| Volatilité de la valeur | Nulle en nominal | Réelle (fluctuation des parts) |
Source : MoneyVox
Le raisonnement rendement, risque penche donc selon le profil. Un épargnant qui cherche à sécuriser une poche de trésorerie tout en battant l’inflation trouve dans ce fonds en euros garanti un outil pertinent. Celui qui vise un rendement supérieur et accepte le risque de perte en capital regardera plutôt du côté des SCPI ou des unités de compte, en gardant à l’esprit que le taux de distribution affiché n’est jamais une promesse ferme.
La diversification tranche le débat plus souvent qu’un choix binaire. Rien n’oblige à opposer les deux. Une allocation équilibrée peut combiner une base sécurisée en fonds euros garanti et une part de SCPI pour le rendement, chacune jouant son rôle. Le fonds Goodvest a l’avantage de pouvoir servir de socle défensif dans une architecture d’assurance-vie plus large.
Fonds euros garanti face aux SCPI : les enjeux
Ce qu’il faut vérifier avant de souscrire
La première vérification porte sur les frais. Un fonds en euros garanti à 3 % ne dit rien de la rentabilité nette. Les frais de gestion du contrat, les frais sur versement et les éventuels frais d’arbitrage viennent réduire ce plancher. Goodvest se positionne sur le créneau de l’assurance-vie en ligne, généralement moins chargée en frais qu’un contrat bancaire classique, mais le détail des frais reste à examiner ligne par ligne avant tout engagement.
La deuxième vérification concerne les conditions d’accès au taux garanti. Beaucoup de fonds euros à rendement bonifié imposent une part minimale en unités de compte pour bénéficier du plancher. Cette contrepartie réintroduit du risque dans un placement présenté comme sécurisé. Il faut donc lire la mécanique complète : le rendement moyen réellement perçu sur l’ensemble du contrat peut différer nettement du 3 % affiché sur la seule poche en euros.
Prenons un cas générique. Un épargnant place 30 000 euros, dont 70 % en fonds euros garanti à 3 % et 30 % en unités de compte imposées. Le rendement de la poche sécurisée est connu, mais celui des unités de compte ne l’est pas et peut être négatif. Le résultat global dépend alors entièrement du comportement des marchés sur la part en UC. C’est ce type de configuration qu’il faut décortiquer avant de signer.
Les erreurs à éviter absolument
La première erreur consiste à confondre garantie de rendement pour une année et rendement pérenne. Un plancher à 3 % pour 2026 n’engage pas l’assureur au-delà. L’épargnant qui raisonne comme si ce taux était acquis pour dix ans se trompe de produit. Le fonds en euros reste un placement dont la rémunération se réajuste chaque année en fonction des conditions de marché et de la politique de l’assureur.
La deuxième erreur, plus insidieuse, est de négliger l’effet de l’inflation. Un rendement garanti de 3 % ne protège le pouvoir d’achat que si l’inflation reste en dessous de ce seuil. Battre l’inflation de peu n’est pas la même chose que faire fructifier réellement son capital. Ce fonds en euros est un outil de préservation, pas un moteur de croissance patrimoniale à long terme.
La troisième erreur est de tout miser sur un seul support par attrait pour la garantie. La sécurité a un coût d’opportunité. Un capital entièrement logé en fonds euros, même garanti, se prive du potentiel de rendement des marchés actions ou de l’immobilier sur le long terme. L’arbitrage entre sécurité et performance doit se raisonner à l’échelle de tout le patrimoine, pas support par support.
Notre analyse
Ce que peu d’observateurs disent : le vrai intérêt de cette offre n’est pas le 3 % en soi, mais le fait de sécuriser un plancher connu à l’avance dans un contexte où les taux pourraient redescendre. Si le cycle de taux se retourne, les fonds en euros classiques verront leur rendement s’éroder. Un plancher contractuel devient alors une protection dont la valeur se révèle rétrospectivement. C’est une logique d’assurance, pas de rendement maximal.
Le filtre énergies fossiles ajoute une dimension qui dépasse la seule performance. Pour un épargnant sensible à l’alignement de son épargne avec ses convictions, ne pas avoir à arbitrer entre garantie et exclusion sectorielle a une valeur réelle. Cela reste toutefois un argument différenciant, pas un levier de rendement : la performance du fonds dépendra de l’allocation obligataire, pas du label environnemental.
Notre lecture d’analyste : ce fonds en euros garanti a sa place comme socle défensif d’une allocation d’assurance-vie, aux côtés d’une poche dynamique en unités de compte ou d’une exposition immobilière via des SCPI pour ceux qui acceptent le risque et l’illiquidité correspondants. Le comparer directement à une SCPI n’a pas grand sens : l’un sécurise, l’autre cherche le rendement. Le vrai sujet reste le dosage entre les deux, calibré selon l’horizon de placement et la tolérance au risque de chacun.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.
Fonds euros Goodvest sans énergies fossiles : l'essentiel
- Rendement minimum garanti de 3 % pour 2026 sur le fonds euros Goodvest
- Le fonds exclut les énergies fossiles de son allocation obligataire
- Un fonds euros garantit le capital, contrairement à une SCPI
- Le taux garanti pour une année n'engage pas l'assureur au-delà
- Les frais de gestion réduisent le rendement net affiché
