Les premiers taux 2025 des fonds euros tombent en ce début d’année 2026. La moyenne s’établit à 2,6 %, avec des pointes à 4,65 % pour les contrats les plus performants. Dans le même temps, les unités de compte actions ont affiché +8,5 % en moyenne sur 2024. L’arbitrage entre supports garantis et supports risqués se joue désormais sur des écarts de rendement plus serrés qu’en 2022-2023.
La collecte sur les fonds euros a explosé ces deux dernières années, portée par la baisse du Livret A et les offres de boost. En 2026, les assureurs durcissent leurs conditions d’accès au capital garanti. Certains imposent 30 % minimum en UC pour bénéficier du taux plein du fonds euros. D’autres suppriment purement et simplement les majorations de rendement qui dopaient les taux jusqu’à fin 2025. Passons aux chiffres réels et aux conséquences concrètes pour votre allocation.
Fonds euros 2025, la fourchette réelle se situe entre 2,75 % et 4,65 %
Milleis Vie a ouvert le bal le 16 décembre 2025 en annonçant un taux de 2,75 % net de frais de gestion pour ses contrats Milleis Horizon Vie, Capi, Épargne Vie Milleis et Barclays Prestige. Une hausse de 20 points de base par rapport à 2024, mais toujours inférieure au pic de 2023. L’assureur bonifie ce taux de 2,25 % supplémentaires au titre de 2026 pour toute nouvelle souscription ou nouveau versement réalisé au premier semestre, sous condition d’un investissement minimum de 30 % en unités de compte.
Le contrat CORUM Life affiche le rendement le plus élevé du marché : 4,65 % en 2025 selon les données Moneyvox. Suivent AMPLI-ASSURANCE VIE à 3,75 %, Placement-direct Euro+ à 3,60 %, Carac Épargne Patrimoine à 3,55 % et Garance Épargne à 3,50 %. L’écart entre le meilleur et la moyenne dépasse 2 points. Cet écart s’explique par la composition des actifs en portefeuille, la politique de provisionnement et le niveau de frais de gestion. Les fonds euros diversifiés investis en immobilier et en actions non cotées surperforment les fonds euros classiques concentrés sur les obligations d’État.
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| Contrat | Assureur | Taux 2025 | Versement initial minimum |
|---|---|---|---|
| CORUM Life | Corum Life | 4,65 % | 50 € |
| AMPLI-ASSURANCE VIE | Ampli Libéraux & Indépendants | 3,75 % | 5 000 € |
| Placement-direct Euro+ | Swiss Life | 3,60 % | 500 € |
| Carac Épargne Patrimoine | Carac | 3,55 % | 500 € |
| Garance Épargne | Garance Mutuelle | 3,50 % | 50 € |
| Milleis Horizon Vie / Capi | Milleis Vie | 2,75 % | Variable selon contrat |
Source : Moneyvox · Les Échos Investir
Ces taux communiqués par les assureurs sont nets de frais de gestion, mais pas nets de prélèvements sociaux. La distinction compte : un fonds euros affiché à 3,50 % rapporte en réalité 2,90 % net après prélèvement des 17,2 % de cotisations sociales. L’assurance vie a échappé à la hausse votée dans le budget 2026 de la Sécurité sociale, qui porte ces taxes à 18,6 % pour de nombreux autres placements. Cette différence de 1,4 point de prélèvement donne un léger avantage à l’assurance vie face aux comptes-titres et PEA pour les revenus du capital.
Prélèvements sociaux, le timing change tout entre fonds euros et UC
En assurance vie, tous les gains sont soumis aux cotisations sociales à 17,2 %. Que vous choisissiez un fonds euros ou des unités de compte, vous payez cette contribution. La différence réside dans le moment du prélèvement. Sur le fonds euros, les 17,2 % sont prélevés chaque année sur les intérêts crédités. Sur les UC, le prélèvement intervient uniquement au moment du rachat ou du dénouement du contrat.
Concrètement : vous placez 10 000 € sur un fonds euros qui rapporte 3 % brut. L’assureur crédite 300 € d’intérêts, prélève immédiatement 51,60 € de cotisations sociales, et vous ajoute 248,40 € sur votre contrat. L’année suivante, votre capital s’élève à 10 248,40 €. Les intérêts de la deuxième année se calculent sur cette base amputée.
Assurance-vie 2026, simuler 10 000 euros sur 10 ans et comparer les supports
Sur une UC qui rapporte également 3 % la première année, aucun prélèvement n’intervient. Votre capital passe à 10 300 €. Les intérêts de la deuxième année se calculent sur 10 300 €, pas sur 10 248,40 €. L’effet de composition joue sur un capital plus élevé. Selon une simulation publiée par Capital.fr, cette différence génère environ 67 € d’écart sur plusieurs années à rendement égal. Un avantage marginal, dû uniquement au report du prélèvement.
Cet avantage disparaît si vous réalisez des arbitrages fréquents entre UC. Chaque mouvement de vente déclenche le prélèvement social sur la plus-value réalisée. À l’inverse, si vous conservez vos UC pendant dix ou quinze ans sans y toucher, le différé de taxation amplifie l’effet de capitalisation. L’arbitrage ici dépend de votre horizon de placement et de votre stratégie de gestion.
Unités de compte actions, +8,5 % en moyenne sur 2024 contre 2,6 % pour le fonds euros
Les UC actions ont affiché une performance moyenne de +8,5 % en 2024 selon France Assureurs, et +4,26 % en moyenne annualisée sur cinq ans. L’écart avec le fonds euros se creuse mécaniquement lorsque les marchés actions progressent. En 2024, le CAC 40 a gagné 7,8 %, le S&P 500 environ 24 % en dollars. Les fonds diversifiés monde ont capté une partie de cette hausse, même en intégrant les frais de gestion des UC.
Côté immobilier, les SCPI diversifiées investies en Europe ont dégagé une performance moyenne de +8,27 % en 2024 selon Facts & Figures. Ce chiffre intègre le rendement locatif et la valorisation du patrimoine. Les SCPI de bureaux en Île-de-France souffrent encore de la baisse des valeurs vénales post-Covid, mais les SCPI diversifiées sectoriellement et géographiquement ont mieux résisté. Certaines SCPI spécialisées dans la logistique ou le résidentiel allemand affichent des taux de distribution supérieurs à 5 %.
Cette surperformance des UC se paie par un risque de perte en capital. Un portefeuille 100 % actions peut perdre 20 % à 30 % lors d’une correction de marché. Un portefeuille 100 % fonds euros ne perd jamais de capital nominal, mais il perd du pouvoir d’achat si l’inflation dépasse le rendement net. En 2022, avec un fonds euros moyen à 1,9 % et une inflation à 5,2 %, la perte de pouvoir d’achat réelle a atteint 3,3 % sur l’année.
Arbitrage vers le fonds euros en 2026, trois cas où ça se justifie
Premier cas : vous avez atteint votre objectif de valorisation et vous souhaitez sécuriser vos gains. Vous détenez des UC actions depuis 2020, elles ont progressé de 60 % à 80 % selon les supports. Vous approchez de la retraite ou d’un projet immobilier dans deux ans. Arbitrer vers le fonds euros cristallise la plus-value et vous protège d’une correction brutale. Le rendement de 2,6 % à 4,65 % du fonds euros devient alors un plancher acceptable face au risque de marché.
Deuxième cas : vous anticipez une phase de marchés baissiers ou volatils. Les indices actions américains évoluent sur des niveaux de valorisation élevés fin 2025 (ratio cours/bénéfices du S&P 500 autour de 22, contre une moyenne historique de 16). Une correction de 15 % à 20 % ramènerait les indices à leurs moyennes longues. Si vous estimez ce risque élevé, un arbitrage partiel vers le fonds euros réduit l’exposition au risque actions sans sortir de l’enveloppe fiscale avantageuse de l’assurance vie.
Troisième cas : vous disposez d’un horizon court (moins de trois ans) et vous ne pouvez pas vous permettre une baisse temporaire. Les UC actions conviennent aux horizons supérieurs à cinq ans minimum. En deçà , le risque de devoir déboucler en moins-value augmente fortement. Le fonds euros offre la visibilité et la stabilité nécessaires pour un projet à échéance rapprochée : apport immobilier, financement d’études, transmission programmée.
Conditions d’accès au fonds euros en 2026, les assureurs durcissent le jeu
Les offres de boost de rendement qui fleurissaient jusqu’à fin 2025 se raréfient en 2026. Les assureurs s’engageaient par exemple à distribuer 1 % de rendement supplémentaire sur le fonds euros, sous condition de verser avant une date butoir et de placer au moins 30 % en UC. Ces promotions ont rempli leur rôle : collecter massivement pendant la période où le Livret A représentait une concurrence frontale. En 2026, le Livret A plafonne à 3 % et le danger concurrentiel s’estompe.
Milleis Vie maintient encore un boost de 2,25 % au premier semestre 2026, mais impose 30 % minimum en UC. D’autres assureurs suppriment purement et simplement la majoration. Certains vont plus loin : ils imposent un pourcentage minimum d’UC pour accéder au taux plein du fonds euros, sans bonus. Un contrat qui affiche 3,60 % sur son fonds euros peut en réalité servir 2,80 % si vous détenez moins de 20 % d’UC. Cette pratique se généralise chez les bancassureurs et les mutuelles qui cherchent à orienter l’épargne vers des supports plus rémunérateurs pour eux.
Conséquence directe : un arbitrage total vers le fonds euros peut vous faire perdre l’accès au taux affiché. Avant d’arbitrer, vérifiez les conditions générales de votre contrat et contactez votre assureur pour connaître le taux qui vous sera réellement appliqué selon votre allocation. Certains contrats prévoient une clause de maintien du taux pendant un an après arbitrage, d’autres appliquent immédiatement le taux réduit.
Comparer rendement, liquidité et frais avant d’arbitrer
Un arbitrage entre UC et fonds euros ne coûte rien chez la plupart des courtiers en ligne et des assureurs directs. Les bancassureurs facturent encore 0,5 % à 1 % de frais d’arbitrage. Sur un arbitrage de 50 000 €, 1 % de frais représente 500 € de sortie immédiate. Si vous arbitrez pour gagner 1 point de rendement supplémentaire (passage de 2,6 % à 3,6 %), il vous faut un an et demi pour compenser les frais d’arbitrage.
La liquidité reste identique entre fonds euros et UC au sein de l’assurance vie : vous pouvez racheter à tout moment, avec un délai de traitement de quelques jours à deux semaines selon les assureurs. La différence de liquidité se situe ailleurs : certaines UC spécialisées (SCPI, fonds immobiliers, private equity) comportent des délais de déblocage pouvant atteindre plusieurs mois en cas de forte demande de rachats. Le fonds euros, lui, ne connaît jamais de blocage de liquidité.
Côté fiscalité, l’arbitrage interne entre supports d’un même contrat d’assurance vie ne déclenche aucune imposition. Les gains restent à l’intérieur de l’enveloppe. Vous ne payez l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux qu’au moment du rachat partiel ou total. Cette neutralité fiscale de l’arbitrage constitue l’un des atouts majeurs de l’assurance vie multisupport face au compte-titres, où chaque vente d’action ou de part de fonds déclenche l’imposition de la plus-value.
Allocation recommandée en 2026 selon profil et horizon
Pour un épargnant de moins de 40 ans avec un horizon supérieur à quinze ans, une allocation 80 % UC actions / 20 % fonds euros reste pertinente. Les corrections de marché se résorbent sur longue période, et le différentiel de rendement entre actions et fonds euros (environ 5 points sur longue période) justifie le risque pris. Le fonds euros joue ici un rôle de coussin de sécurité, pas de support principal.
Entre 40 et 55 ans, avec un horizon de dix à quinze ans, une allocation 60 % UC / 40 % fonds euros offre un meilleur équilibre. Le capital accumulé devient significatif, et une baisse de 30 % sur la poche actions représente un montant en euros difficile à rattraper. Le fonds euros sert de stabilisateur et permet de lisser les variations du portefeuille global.
Après 55 ans, avec un horizon raccourci et une probabilité croissante de rachat pour financer la retraite ou transmettre, une allocation 40 % UC / 60 % fonds euros devient la norme. Certains profils plus prudents basculent vers 20 % UC / 80 % fonds euros. L’objectif change : on ne cherche plus la croissance maximale, mais la préservation du capital et un rendement régulier. Un fonds euros à 3,5 % net de frais, soit 2,90 % après cotisations sociales, couvre largement l’inflation anticipée pour 2026 (autour de 2 % selon les dernières projections).
Pour les profils qui ne supportent aucune volatilité ou qui disposent d’un horizon inférieur à trois ans, une allocation 100 % fonds euros se justifie pleinement. Le rendement sera inférieur aux UC actions sur longue période, mais le capital reste garanti et disponible à tout moment. Dans ce cas, privilégiez les contrats affichant les taux les plus élevés (CORUM Life, AMPLI-ASSURANCE VIE) et vérifiez que l’accès au fonds euros n’est pas conditionné à la détention d’UC.
L’essentiel
- Les fonds euros ont rapporté 2,6 % en moyenne en 2025, avec des pointes entre 3,5 % et 4,65 % pour les meilleurs contrats. Ces taux sont nets de frais de gestion mais pas de cotisations sociales (17,2 %).
- Les UC actions ont affiché +8,5 % en moyenne en 2024, contre +8,27 % pour les SCPI diversifiées Europe. L’écart de rendement avec le fonds euros reste favorable aux UC sur longue période, au prix d’une volatilité élevée.
- Un arbitrage vers le fonds euros se justifie si vous avez atteint votre objectif de valorisation, si vous anticipez une correction de marché ou si votre horizon de placement est inférieur à trois ans.
- Les offres de boost de rendement disparaissent en 2026. Certains assureurs imposent désormais 30 % minimum en UC pour accéder au taux plein du fonds euros.
- L’arbitrage entre supports d’un même contrat d’assurance vie ne déclenche aucune imposition. Les gains restent dans l’enveloppe fiscale jusqu’au rachat.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.
