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PERCO vers PER : les frais de transfert plafonnés à 1 %, ce que ça change pour votre épargne

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Depuis le 24 octobre 2024, transférer un ancien PERCO vers un PER coûte beaucoup moins cher. Les frais, autrefois dissuasifs à 5 %, sont désormais plafonnés à 1 % pour un contrat récent et gratuits au-delà de dix ans. Une opération qui mérite réflexion, car elle engage votre épargne pour des décennies.

Le PERCO appartient à une génération de produits que la loi Pacte a voulu enterrer. Depuis le 1er octobre 2020, aucune entreprise ne peut en créer de nouveau. Mais les plans existants continuent de fonctionner, d’accueillir des versements et des abondements. Résultat : des millions de salariés détiennent encore une épargne logée dans un dispositif que l’État a lui-même déclaré obsolète.

La question n’est pas anodine. Un PERCO transféré vers un PER change de règles de sortie, de fiscalité à la transmission et de souplesse de gestion. Ce n’est pas un simple déménagement de fonds. C’est un arbitrage patrimonial qui vous suivra jusqu’à la retraite, et parfois au-delà. Avant de signer le formulaire, mieux vaut comprendre ce que vous gagnez et ce que vous laissez derrière.

Ce que le PERCO et le PER n’ont pas en commun

Le PERCO et le PER d’entreprise collectif (PERECO ou PERECOL) coexistent, mais ils ne se ressemblent pas. Le service public le rappelle sans ambiguïté : ce sont deux dispositifs différents, qui n’offrent pas les mêmes avantages parce qu’ils n’ont pas les mêmes caractéristiques. Confondre les deux revient à croire qu’un vieux modèle et sa version modernisée se valent. Ils ne se valent pas.

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Le PER, créé par la loi Pacte de 2019, a été conçu pour corriger les défauts de ses aînés[1]. Plus simple, plus souple, plus lisible : le vocabulaire officiel insiste sur la rupture. La différence la plus concrète tient à la sortie. Là où le PERCO imposait souvent une logique rigide, le PER laisse le choix entre capital, rente viagère ou formule mixte. Cette liberté de récupérer son épargne comme on l’entend change tout dans une stratégie de fin de carrière.

La structure interne du PER mérite aussi qu’on s’y arrête. Chaque plan, individuel ou collectif, est organisé en trois compartiments distincts selon l’origine des fonds qui l’alimentent[2]. Cette architecture n’est pas cosmétique. Elle détermine la fiscalité applicable à chaque poche d’épargne au moment de la sortie. Un versement volontaire déductible, une prime d’intéressement et un abondement patronal n’obéissent pas aux mêmes règles fiscales une fois arrivés à échéance.

Le PERCO n’a jamais disparu pour ceux qui en détiennent un. Depuis le 1er octobre 2020, il ne peut plus être créé, mais les plans existants continuent d’accueillir de nouveaux participants sans limitation de durée[3]. Vous pouvez donc y verser encore, ou décider de faire migrer votre épargne. Les deux options restent ouvertes. C’est précisément cette liberté qui rend la décision délicate.

Les frais de transfert : la barrière qui vient de tomber

Image : Freepik

Le frein historique s’appelait le coût. Avant octobre 2024, transférer un ancien contrat vers un PER pouvait coûter jusqu’à 5 % du montant transféré[1]. Sur une épargne de 30 000 euros, cela représentait 1 500 euros évaporés avant même le premier arbitrage. Un tel niveau de frais suffisait à décourager la plupart des épargnants, qui laissaient dormir leur PERCO faute de vouloir payer le prix du changement.

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Depuis le 24 octobre 2024, la donne a changé. Les frais de transfert des anciens contrats vers un PER sont désormais plafonnés à 1 % si le contrat a moins de dix ans, et totalement gratuits pour les contrats de plus de dix ans[1]. Cette réforme fait sauter le verrou financier qui gelait des milliards d’euros dans des produits périmés. Pour un contrat ancien, l’opération ne coûte plus rien.

Frais de transfert vers un PER selon l’ancienneté du contrat
Ancienneté du contrat Frais de transfert Depuis
Avant la réforme (tous contrats) Jusqu’à 5 % Régime antérieur
Moins de 10 ans Plafonné à 1 % 24 octobre 2024
Plus de 10 ans Gratuit 24 octobre 2024

Source : Boursorama

Attention à ne pas confondre les régimes de frais selon le type de plan. Pour un PER d’entreprise obligatoire (PERO), les règles diffèrent : le transfert est gratuit après cinq ans de détention, et facturé dans la limite de 1 % de l’épargne accumulée en deçà[5]. Le PERCO, lui, relève de la logique des dix ans. Vérifiez toujours à quelle catégorie appartient votre contrat avant de calculer le coût réel de l’opération.

Le geste administratif reste simple. Il suffit de solliciter l’assureur via un formulaire de demande spécifique, et les fonds sont transférés sur le nouveau plan[1]. En pratique, vous adressez la demande à votre nouvel établissement, qui se charge lui-même des démarches auprès de l’ancien gestionnaire. Le dossier réclame le formulaire de transfert signé, une copie du contrat existant et une pièce d’identité[4].

Pourquoi le transfert PERCO vers PER compte

Frais divisés par cinq
De 5 % avant la réforme à 1 % maximum, voire zéro après dix ans de détention. Le verrou financier qui gelait l'épargne a sauté depuis octobre 2024.
Un délai à anticiper
Le transfert vers un PER d'entreprise prend jusqu'à quatre mois. Un droit de rétractation de quinze jours protège l'épargnant après notification.
Souplesse de sortie
Le PER autorise une sortie en capital, en rente viagère ou en formule mixte, là où le PERCO imposait une logique plus rigide.
Avantages fiscaux préservés
L'antériorité fiscale des anciens contrats est conservée au transfert et les versements futurs restent déductibles de l'impôt sur le revenu.
Consolidation des contrats
PERP, Madelin, article 83, PERCO : tous peuvent être réunis sur un seul PER pour simplifier la gestion et réduire les frais cumulés.

Les délais et le droit de rétractation à ne pas ignorer

Le transfert d’un ancien produit vers un PER d’entreprise collectif doit se faire dans un délai maximal de quatre mois[2]. Ce délai vaut aussi pour un transfert vers un PER d’entreprise obligatoire[5]. Il ne s’agit pas d’une formalité expresse. Comptez plusieurs semaines entre la demande et l’arrivée effective des fonds sur le nouveau plan. Anticipez si vous visez une échéance précise.

Pour un PER individuel, le calendrier est légèrement différent. La compagnie dispose d’un délai de deux mois pour exécuter le transfert, contre trois mois pour un PER collectif[4]. En cas de retard au-delà de ces délais, l’épargnant peut saisir le Médiateur de l’Autorité des marchés financiers[5]. Cette voie de recours existe précisément parce que les blocages administratifs ne sont pas rares.

Un détail que beaucoup ignorent peut changer votre décision. Après notification du montant du transfert, l’épargnant dispose de quinze jours pour revenir sur sa décision[4]. Ce droit de rétractation vous laisse le temps de vérifier que le montant transféré correspond bien à vos attentes. Utilisez-le. Une fois ce délai passé, l’opération devient définitive et vous êtes engagé dans le nouveau plan.

Délais de transfert selon le type de PER de destination
Destination Délai maximal Recours en cas de retard
PER individuel 2 mois Médiateur de l’AMF
PER d’entreprise collectif 3 à 4 mois Médiateur de l’AMF
PER d’entreprise obligatoire 3 mois Médiateur de l’AMF

Source : Service Public · Boursorama

Ce que vous gagnez vraiment à regrouper vos contrats

Les salariés qui ont changé d’employeur accumulent souvent plusieurs contrats épars. Un article 83 chez un ancien patron, un PERP souscrit à titre individuel, un PERCO ici, un Madelin là. Cette dispersion coûte cher en frais de gestion cumulés et en énergie de suivi. Le PER autorise de réunir tous ces anciens produits sur un seul et même plan[1]. La liste des dispositifs transférables est large : PERP, contrat Madelin, Préfon, Corem, CRH, article 83 et PERCO[2].

Regrouper, c’est d’abord simplifier. Une seule interface, un seul relevé, une seule stratégie d’allocation à piloter. C’est aussi une visibilité optimisée sur l’ensemble de votre épargne retraite, ce qui facilite les arbitrages et la préparation de la sortie[1]. Un épargnant qui ne sait pas combien il détient réellement ne peut pas construire un plan cohérent. La consolidation résout ce problème.

L’argument fiscal pèse lourd, et il est souvent mal compris. Les avantages fiscaux acquis dans le cadre des anciens contrats sont conservés lors du transfert[1]. Vous ne perdez pas l’antériorité de vos versements déductibles. Et pour l’avenir, les versements à venir sur le PER restent déductibles de l’impôt sur le revenu, dans les limites prévues. Le transfert ne remet donc pas les compteurs à zéro sur le plan fiscal.

Au-delà du gain immédiat en frais, l’intérêt d’un PER unique se joue sur le long terme. La gestion pilotée, appliquée par défaut sauf mention contraire, oriente votre épargne vers des actifs plus rémunérateurs quand la retraite est lointaine, puis la sécurise progressivement à l’approche de l’échéance[5]. Sur un horizon de vingt ou trente ans, cette mécanique d’ajustement automatique fait une différence réelle sur le capital final. Un seul plan bien piloté vaut mieux que quatre contrats dormants.

Les stratégies à envisager selon votre situation

Un salarié en poste qui juge son PERCOL décevant n’est pas prisonnier. Il peut transférer son épargne vers un PER individuel tous les trois ans, les sommes étant fléchées dans le compartiment 2 du nouveau plan[4]. Le PERCOL d’origine reste ouvert pour accueillir les nouvelles primes d’épargne salariale, et l’opération peut être renouvelée trois ans plus tard. Cette faculté permet de reprendre la main sur la performance sans quitter l’entreprise.

Le cas d’un PER d’entreprise obligatoire obéit à une logique plus stricte. Le transfert n’est possible que lorsque vous n’avez plus l’obligation d’adhérer au plan, typiquement au moment où vous quittez l’entreprise[4]. Tant que vous restez salarié, votre épargne demeure captive. Cette contrainte doit entrer dans votre calcul si vous jonglez entre plusieurs dispositifs.

Prenons un exemple générique. Un cadre de 50 ans détient un PERCO de 25 000 euros ouvert il y a douze ans, hérité d’une entreprise qu’il a quittée. Le contrat ayant plus de dix ans, le transfert vers un PER moderne se fait sans frais. Il consolide cette somme avec un PERP de 15 000 euros et pilote désormais 40 000 euros sur un plan unique, avec une gestion adaptée à son horizon retraite. Le gain n’est pas seulement administratif : il retrouve une trajectoire d’allocation cohérente.

La réflexion doit intégrer votre clause bénéficiaire et l’aspect transmission. Le PER, comme l’assurance-vie sur certains points, permet d’organiser la transmission du capital épargné. Choisir son nouveau contrat ne se limite pas à comparer des frais de gestion. Vérifiez la qualité des supports proposés, la souplesse de la clause bénéficiaire et les options de sortie. Un plan choisi pour vingt ans mérite qu’on regarde au-delà du tableau de frais.

Les erreurs qui coûtent cher

La première erreur consiste à transférer sans comparer. Le PER de destination n’est pas neutre. Des frais de gestion élevés sur les unités de compte peuvent grignoter en quelques années le bénéfice d’un transfert gratuit. Avant de bouger votre épargne, examinez la grille tarifaire complète du plan d’accueil, pas seulement le coût du transfert lui-même. Un transfert gratuit vers un contrat coûteux reste une mauvaise affaire.

La deuxième erreur est de croire qu’un transfert est toujours souhaitable. Si votre PERCO existant offre des supports satisfaisants et des frais raisonnables, le regroupement n’apporte parfois qu’un confort administratif marginal. Rien ne vous oblige à bouger. Le PERCO peut continuer à accueillir vos versements sans limitation de durée[3]. Transférer pour transférer, sous prétexte que le produit est ancien, n’a aucun sens patrimonial.

La troisième erreur touche au calendrier. Négliger le délai de quatre mois ou oublier le droit de rétractation de quinze jours[4] expose à des déconvenues. Un épargnant qui lance un transfert juste avant une échéance importante peut se retrouver avec des fonds bloqués en cours de route. Vérifiez aussi le type exact de votre contrat, car les règles de frais et de délais diffèrent entre PERCO, PERECO et PERO.

Notre analyse

La baisse des frais de transfert est une bonne nouvelle réelle, mais elle sert d’abord les intérêts du marché. Rendre le transfert quasi gratuit incite mécaniquement les épargnants à migrer vers des PER récents, que les établissements financiers ont tout intérêt à commercialiser. Le message officiel vante la modernité du PER. Il oublie de préciser qu’un transfert mal choisi enrichit surtout le nouveau gestionnaire via ses frais de gestion annuels.

Le vrai sujet n’est pas de savoir si le PER est meilleur que le PERCO. Il l’est sur la souplesse de sortie et la lisibilité. Le vrai sujet est de savoir ce que vous ferez de cette épargne à la retraite. Un salarié qui vise une sortie en capital pour financer un projet gagnera à la souplesse du PER. Celui qui privilégie une rente régulière doit examiner les conditions de conversion de chaque contrat avant de trancher.

Notre conviction : profitez de la fenêtre de frais réduits pour consolider vos contrats épars, mais uniquement après avoir comparé les grilles tarifaires et les supports. Le transfert est un outil, pas une fin. La performance de votre épargne retraite se joue sur trente ans de gestion pilotée et d’arbitrages, pas sur l’économie d’un point de frais à l’entrée. Choisissez le plan d’accueil comme vous choisiriez un partenaire pour deux décennies.

Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.

Transfert PERCO vers PER : l'essentiel à retenir

  • Frais de transfert plafonnés à 1 % pour un contrat de moins de 10 ans depuis le 24 octobre 2024
  • Transfert gratuit pour un contrat de plus de 10 ans
  • Délai maximal de 4 mois pour un transfert vers un PER d'entreprise
  • Droit de rétractation de 15 jours après notification du montant
  • Les avantages fiscaux des anciens contrats sont conservés
  • Le PERCO ne peut plus être créé depuis le 1er octobre 2020
Adrien
Adrien
Adrien Riez est rédacteur spécialisé dans les thématiques de l’épargne, de l’investissement et de la finance personnelle. Il contribue régulièrement aux analyses et décryptages publiés par Finance Actu..

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