L’AMF vient de publier sa lettre annuelle sur l’évolution des frais d’épargne. Les fonds d’actions françaises affichent une baisse de 43 % depuis 2010, pendant que les courtiers en ligne stabilisent leurs tarifs autour de 0,45 %.
Dans sa lettre de l’Observatoire de l’épargne d’avril 2026, l’AMF relève une tendance de fond sur le marché français. Les frais courants moyens des fonds d’actions françaises sont passés de 2,3 % à 1,3 % entre 2010 et 2025, soit une baisse d’environ 43 %. Pour les fonds diversifiés, la réduction atteint 40 %, passant de 2,1 % à 1,3 %. Ces chiffres couvrent 6 010 fonds français ouverts au public à fin mars 2026, selon les données collectées par Six Financial Information pour le compte de l’AMF.
La baisse des frais sur les placements collectifs s’inscrit dans une dynamique européenne, également observée par l’ESMA (Autorité européenne des marchés financiers). Mais sur le terrain français, la structure de frais varie fortement selon le type de placement et le profil du prestataire.
Courtage en ligne, des écarts selon les acteurs
En janvier 2026, les frais moyens affichés pour un ordre de 1 000 euros depuis un compte-titres atteignent 0,65 % dans les banques de réseau, 0,45 % auprès des courtiers en ligne établis, et 0,15 % chez les néo-brokers arrivés récemment sur le marché français. Selon l’AMF, cette dispersion reflète l’arrivée successive de nouveaux acteurs depuis les années 2000, puis l’accélération récente avec les plateformes low-cost.
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Dans les banques de réseau, le coût moyen d’un ordre de 1 000 euros est passé de 0,67 % en 2025 à 0,65 % en 2026 pour un compte-titres, et reste stable à 0,49 % pour un ordre passé dans le cadre d’un PEA. La variation reste marginale d’une année sur l’autre.
Frais de courtage moyens en janvier 2026
- Banques de réseau : 0,65 % pour un ordre de 1 000 €
- Courtiers en ligne : 0,45 % pour un ordre de 1 000 €
- Néo-brokers : 0,15 % pour un ordre de 1 000 €
- Frais de garde (portefeuille 60 k€, 10 lignes) : 0,35 %, soit 211 € par an
Source : AMF, Lettre de l’Observatoire de l’épargne n° 65, avril 2026
Pour un ordre de 5 000 euros sur la Bourse de Paris, les banques et courtiers en ligne facturent en moyenne 0,19 % (9,6 €), contre 0,06 % (2,9 €) chez les néo-brokers. L’écart se creuse sur les places étrangères. Un ordre de 5 000 euros sur le NYSE ou le Nasdaq coûte 0,31 % (15,7 €) chez les courtiers classiques, contre 0,05 % (2,7 €) chez les néo-brokers.
Frais de garde, un poste fixe souvent sous-estimé
Les frais de courtage ne représentent qu’une partie du coût global. Les banques de réseau facturent des frais de conservation des titres. Pour un portefeuille de 60 000 € réparti sur 10 lignes, le niveau moyen s’établit à 0,35 % en 2026, soit 211 euros par an, un niveau équivalent à celui de 2025. Ce taux grimpe pour les portefeuilles de montant inférieur ou répartis sur un plus grand nombre de lignes.
L’AMF rappelle que les frais ne constituent pas le seul critère de choix. La qualité du service, la fiabilité technique, l’accompagnement conseil, la profondeur de l’offre produit jouent également. Mais sur le terrain, la pression concurrentielle des néo-brokers pousse les acteurs historiques à revoir leurs grilles tarifaires, même si la baisse reste progressive.
Sur les placements collectifs, la tendance à la baisse des frais courants se poursuit, sans rupture brutale. Entre 2010 et 2025, la réduction cumulée atteint 40 à 43 % selon les catégories de fonds. La moyenne reste calculée sans pondération par la taille des fonds, ce qui peut masquer des écarts selon les encours. Mais la direction est claire. Le marché français s’aligne progressivement sur les standards européens de frais réduits, sous pression réglementaire et concurrentielle.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
