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Livret A à 1,5 % : ce placement à 5 % brut change la donne pour votre épargne en 2026

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Le Livret A ne rapporte plus que 1,5 % net depuis février 2026. Face à ce recul, des offres promotionnelles affichent 5 % brut pendant trois mois. L’écart de rendement est réel, mais la mécanique cache des nuances que peu d’épargnants prennent le temps de calculer avant de transférer leur épargne.

Le placement préféré des Français vient de connaître son pire trimestre depuis 2009. En un an, le taux du Livret A est passé de 3 % début 2025 à 1,5 % net début 2026. Cette division par deux rebat les cartes de l’épargne dite « sans risque ». Les banques en ligne l’ont bien compris et multiplient les offres d’appel à 5 % pour capter la collecte qui déserte les livrets réglementés.

Mais un taux affiché n’est pas un taux perçu. Entre les 5 % promotionnels limités à trois mois, les comptes à terme qui bloquent votre capital et les fonds euros de l’assurance-vie, le match du rendement se joue sur des critères que le chiffre choc masque volontairement. Décryptage rendement-risque de ce que valent vraiment ces alternatives.

Pourquoi le Livret A ne fait plus le poids en 2026

La rémunération du Livret A résulte d’une formule liée à l’inflation et aux taux monétaires. Avec le reflux de l’inflation, le taux a mécaniquement chuté à 1,5 % net au 1er février 2026. C’est un rendement net d’impôt et de prélèvements sociaux, ce qui constitue son seul véritable atout dans le paysage actuel.

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Le problème, c’est que ce 1,5 % net protège à peine du pouvoir d’achat. Dès que l’inflation dépasse ce seuil, le rendement réel devient négatif. Résultat : les Français votent avec leurs pieds. Le mois de mars 2026 a marqué la pire décollecte du Livret A depuis 2009[2], signe que l’épargne cherche activement d’autres portes de sortie.

La liquidité totale et la garantie en capital restent les arguments massues du livret réglementé. Vous récupérez votre argent à tout moment, sans frais ni fiscalité. Pour une épargne de précaution, cet équivalent de trois à six mois de dépenses que tout ménage devrait conserver disponible, le Livret A garde une utilité incontestable. C’est au-delà de ce matelas que la question du rendement devient pertinente.

Antoine Delon, président de Linxea, résume l’état d’esprit du marché sans ménagement : « Cette année, le match est terminé, le Livret A est complètement K.O versus le fonds euros »[5]. Le constat est brutal, mais il mérite d’être nuancé produit par produit.

Les 5 % brut de Fortuneo : le calcul que personne ne fait

Image : Freepik

L’offre qui fait le buzz vient de Fortuneo et de son Livret+. En temps normal, ce livret rémunère à 1,60 % brut. Sur une période promotionnelle, du 1er avril au 29 mai 2026, toute première ouverture bénéficie d’un taux de 5 % pendant les trois premiers mois[1], jusqu’à 100 000 euros versés. Au-delà de ce trimestre, le taux retombe à 1,6 % brut.

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Premier point que le titre accrocheur oublie : ce livret n’est pas défiscalisé. Contrairement au Livret A dont le taux est net, les intérêts d’un livret bancaire classique subissent la flat tax de 31,4 %[4]. Un 5 % brut se transforme donc en environ 3,4 % net dans la poche. L’écart avec le Livret A reste favorable, mais il faut comparer du net avec du net, pas du brut avec du net.

Deuxième point : la durée. Le taux bonifié ne dure que trois mois. Sur un capital de 20 000 euros, un taux de 5 % brut pendant un trimestre génère de l’ordre de 250 euros bruts d’intérêts, soit environ 170 euros nets après flat tax. Le reste de l’année, le rendement retombe au niveau du Livret A. Le taux annuel moyen perçu est donc très éloigné des 5 % affichés en gros caractères.

Comparatif des placements sans risque en 2026
Placement Taux brut Fiscalité Disponibilité
Livret A 1,5 % (net) Exonéré Immédiate
Livret+ Fortuneo (3 mois) 5 % puis 1,6 % Flat tax 31,4 % Immédiate
Compte à terme (moyenne ≤ 2 ans) 1,99 % Flat tax 31,4 % Bloquée
Compte à terme (> 2 ans, moyenne) 2,62 % Flat tax 31,4 % Bloquée
Compte à terme Swaive 5 ans 2,65 % (1,82 % net) Flat tax 31,4 % Bloquée

Source : MoneyVox · BFMTV

Le Livret+ conserve tout de même des atouts concrets. Le dépôt initial n’est que de 10 euros, sans frais d’entrée, de gestion ni de clôture. Il n’est pas bloqué : les virements vers le compte courant Fortuneo sont instantanés. Pour une épargne de précaution complémentaire ou un projet à moyen terme, la souplesse est comparable à celle d’un livret réglementé.

Ce que change la baisse du Livret A

Un taux d'appel à relativiser
Le 5 % brut de Fortuneo ne dure que 3 mois et retombe à 1,6 % brut ensuite, soit environ 3,4 % net après flat tax sur la période promotionnelle.
Liquidité contre rendement
Les comptes à terme offrent jusqu'à 2,65 % brut sur 5 ans mais bloquent le capital, avec des pénalités pouvant amputer les intérêts de 25 %.
Le fonds euros redevient roi
L'assurance-vie en fonds euros garantit le capital et sert des rendements supérieurs au Livret A, captant des collectes massives en 2026.
SCPI : rendement mais risque
Remake, Iroko et consorts affichent de bonnes performances, mais sans garantie en capital et sur un horizon d'au moins 8 à 10 ans.

Les comptes à terme : sécurité contre liquidité

Le compte à terme fonctionne sur un principe simple : vous prêtez de l’argent à une banque sur une durée fixée, de trois mois à cinq ans, à un taux garanti pour toute la période[4]. La contrepartie du rendement, c’est le blocage du capital. Retirer avant l’échéance entraîne une pénalité qui peut amputer les intérêts jusqu’à 25 %.

Selon la Banque de France, le taux moyen des comptes à terme en janvier 2026 s’établissait à 1,99 % brut sur les durées inférieures ou égales à deux ans, et 2,62 % brut au-delà[4]. Une fois la flat tax appliquée, le 1,99 % brut ressort à 1,65 % net. On dépasse donc à peine le Livret A, pour un capital immobilisé. Le calcul rendement-risque penche rarement en faveur du compte à terme court.

Les durées longues offrent un léger surplus. La fintech Swaive, en partenariat avec CFCAL-Banque, filiale du Crédit Mutuel Arkéa, propose du 2,65 % brut sur cinq ans, soit 1,82 % net[4]. L’écart avec le Livret A reste modeste au regard de l’immobilisation. Ce type de produit se justifie surtout sur des sommes en attente de réemploi, par exemple un apport immobilier dont vous connaissez déjà l’échéance.

La logique d’arbitrage est claire : le compte à terme n’a de sens que si vous êtes certain de ne pas toucher au capital. Pour tout le reste, la faible prime de rendement ne compense pas la perte de liquidité et l’exposition aux pénalités de sortie anticipée.

Le fonds euros et les SCPI : le vrai terrain de jeu du patrimoine

C’est là que le débat prend une autre dimension. L’assurance-vie en fonds euros offre, comme le Livret A, une garantie en capital, mais avec des rendements servis nettement plus attractifs sur le millésime récent. Antoine Delon observe des « afflux de collecte massifs liés à la baisse du taux du Livret A »[5], un mouvement qui devrait se prolonger. Le fonds euros redevient le concurrent direct du livret réglementé pour l’épargne sécurisée de moyen terme.

L’assurance-vie ne se limite pas au fonds euros. Son enveloppe donne accès aux unités de compte : fonds obligataires diversifiés, produits structurés, private equity et immobilier via les SCPI[5]. C’est le rayon des placements à rendement potentiellement supérieur, mais sans garantie en capital. Le curseur du risque se déplace, et avec lui l’horizon d’investissement recommandé.

Sur les SCPI, de nouveaux acteurs ont bousculé le marché. Remake et Iroko ont capté beaucoup d’épargne et sont « au rendez-vous en termes de performance », note Antoine Delon[5]. Le taux de distribution de ces jeunes véhicules a séduit dans un contexte de repli des livrets. Mais l’analyste rappelle aussitôt la limite : « Ce ne sont pas des produits garantis en capital, et il faut avoir un horizon d’investissement long terme. »

La différence de nature est fondamentale. Un TDVM de SCPI n’est pas comparable à un taux de livret. La SCPI comporte un risque de perte en capital, une liquidité réduite, des frais de gestion et de souscription, et une valeur de part qui fluctue. Sur un horizon de huit à dix ans minimum, elle vise un couple rendement-risque différent, celui de la pierre-papier, pas celui de l’épargne de précaution. Confondre les deux est l’erreur d’arbitrage la plus fréquente.

Les erreurs à éviter avant de transférer votre épargne

La première erreur consiste à courir après le taux d’appel sans lire les conditions. Les 5 % de Fortuneo ne s’appliquent qu’à une première ouverture, sur une fenêtre temporelle courte, et pendant trois mois seulement[1]. Multiplier les ouvertures de livrets promotionnels pour enchaîner les taux bonifiés relève d’une stratégie chronophage au gain net souvent dérisoire une fois la flat tax déduite.

La deuxième erreur est de vider son Livret A pour un compte à terme sans certitude sur l’horizon. Bloquer son capital cinq ans pour gagner 0,3 point net de plus n’a de sens que si les fonds sont réellement dormants. Une dépense imprévue transforme ce placement en piège, avec des pénalités qui peuvent effacer le surcroît de rendement.

La troisième erreur, la plus coûteuse, consiste à traiter une SCPI comme un livret. Le rendement affiché séduit, mais le capital n’est pas garanti et la sortie peut prendre du temps. Investir en pierre-papier l’argent dont vous pourriez avoir besoin dans deux ans est une inadéquation entre le placement et l’horizon, source de mauvaises surprises à la revente des parts.

Notre analyse : segmenter plutôt qu’arbitrer en bloc

La bonne approche n’est pas de choisir un placement contre un autre, mais d’affecter chaque euro à sa fonction. L’épargne de précaution, trois à six mois de dépenses, reste sur un support immédiatement disponible et défiscalisé comme le Livret A. Sa faiblesse de rendement importe peu : sa mission est la disponibilité, pas la performance.

Au-delà de ce matelas, le fonds euros de l’assurance-vie apparaît comme l’arbitrage le plus rationnel pour l’épargne sécurisée de moyen terme. Il combine garantie en capital et rendements servis supérieurs au Livret A sur le millésime récent, avec en prime une enveloppe fiscale qui devient avantageuse après huit ans de détention. C’est le vrai concurrent structurel du livret, pas le taux d’appel promotionnel.

Les 5 % de Fortuneo gardent leur place, à condition de les voir pour ce qu’ils sont : un bonus de trésorerie sur trois mois, utile pour placer une somme en transit sans la bloquer. Quant aux SCPI et autres unités de compte, elles s’adressent à la fraction de patrimoine que vous acceptez d’exposer au risque sur le long terme, en contrepartie d’un rendement potentiel plus élevé. Le titre choc à 5 % brut n’est qu’une porte d’entrée. La vraie décision patrimoniale se prend en segmentant, pas en suivant l’offre la plus tapageuse du moment.

Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.

Livret A à 1,5 % : les alternatives 2026 décryptées

  • Le Livret A rapporte 1,5 % net depuis le 1er février 2026
  • Le Livret+ Fortuneo affiche 5 % brut pendant 3 mois seulement
  • Les intérêts des livrets bancaires subissent la flat tax de 31,4 %
  • Un compte à terme moyen ≤ 2 ans ressort à 1,65 % net après flat tax
  • Le fonds euros redevient le concurrent direct du Livret A
  • Les SCPI ne sont pas garanties en capital et exigent un horizon long
Arnaud
Arnaud
En charge de la rubrique Finance depuis 2019 au sein de la rédaction de Patrimoine Magazine, Arnaud suit notamment les thématiques liées au capital investissement.

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