Le ministre flamand des Finances Jan Jambon annonce vouloir rendre l’épargne-pension moins coûteuse en Belgique, une proposition accueillie avec scepticisme par le parti Vooruit qui dénonce un manque de précision.
L’épargne-pension constitue en Belgique un pilier central de la retraite complémentaire, utilisé par plus de 2,5 millions d’épargnants. Les frais appliqués par les établissements financiers (frais d’entrée, de gestion, de sortie) pèsent directement sur la performance nette des contrats, parfois jusqu’à 1,5 % par an. La proposition de Jan Jambon vise à encadrer ces coûts, mais sans détailler les mécanismes envisagés ni le calendrier de mise en œuvre, ce qui alimente les critiques de l’opposition socialiste flamande.
Ce qui coince dans le projet actuel
Vooruit, principal parti d’opposition au gouvernement flamand, pointe l’absence de chiffres concrets. Aucun plafond de frais n’est mentionné, aucune obligation de transparence renforcée n’est formalisée. En France, à titre de comparaison, le Plan d’Épargne Retraite (PER) créé en 2019 impose aux établissements une information standardisée sur les frais, et plusieurs contrats affichent désormais des frais de gestion inférieurs à 0,6 % pour les supports en unités de compte. L’absence de cadre contraignant en Belgique laisse les épargnants exposés à des écarts de performance importants selon l’établissement choisi.
Le débat révèle une tension politique classique : Jambon défend une approche incitative (encourager la concurrence entre assureurs pour faire baisser les frais), tandis que Vooruit réclame une régulation stricte avec plafonnement obligatoire. Sans arbitrage législatif clair, le projet risque de rester lettre morte.
Ce que vous devez vérifier dans votre contrat
En attendant une éventuelle réforme, tout détenteur d’un contrat d’épargne-pension en Belgique doit consulter le Document d’Informations Clés (DIC) remis à la souscription. Identifiez les trois lignes de frais : entrée (souvent 3 % du versement initial), gestion annuelle (entre 0,5 % et 1,5 %), sortie (généralement nulle mais parfois 1 % si rachat anticipé). Si vos frais de gestion dépassent 1 %, comparez avec les offres en ligne (certaines descendent à 0,4 %). Un transfert vers un contrat concurrent peut être envisagé, mais attention aux frais de sortie et aux pertes fiscales potentielles selon l’ancienneté du contrat.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
