Avec un taux ramené à 1,5 % depuis le 1er février 2026, le Livret A perd son statut de référence pour l’épargne sans risque. Fonds euros d’assurance-vie, comptes à terme européens et SCPI s’imposent comme des substituts plus rémunérateurs.
La révision à la baisse du Livret A marque un tournant pour les 55 millions de détenteurs français. Sur un capital de 22 950 euros (le plafond réglementaire), le gain annuel brut s’établit désormais à 344 euros contre 688 euros lorsque le taux culminait à 3 % en 2023. Pour préserver le pouvoir d’achat dans un contexte où l’inflation résiduelle avoisine 1,8 %, plusieurs placements alternatifs affichent des performances nettes supérieures, moyennant des contraintes de liquidité ou de risque variables.
Chiffres clés
- Taux du Livret A : 1,5 % depuis le 1er février 2026
- Fonds euros (rendement moyen attendu) : 2,65 % brut (2,20 % net après prélèvements sociaux à 17,2 %)
- LEP : 2,50 % net (intérêts défiscalisés, sous condition de revenus)
- Comptes à terme (taux maximum observé) : 2,85 % brut annualisé
- SCPI (rendement moyen constaté) : 5 % brut (durée de placement recommandée : 8-10 ans)
Source : Finance Héros · Raisin
Fonds euros d’assurance-vie, le rendement garanti sans la hausse de CSG
Les meilleurs contrats d’assurance-vie en fonds euros ont distribué entre 3,5 % et 4 % bruts en 2025, un niveau que Meilleurtaux Placement anticipe encore pour 2026 sur ses supports premium. Après application des prélèvements sociaux à 17,2 % (taux inchangé malgré la hausse de la CSG appliquée à d’autres enveloppes au 1er janvier 2026), le rendement net ressort entre 2,90 % et 3,31 %. Sur un capital de 22 950 euros, cela représente un gain net compris entre 666 euros et 760 euros, soit deux fois le rendement du Livret A.
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Certains contrats ajoutent des bonifications temporaires sur les nouveaux versements en 2026 : Finance Héros signale des bonus allant jusqu’à 1,5 point, portant le rendement total au-delà de 5 % brut la première année. Le capital reste garanti en permanence, et les intérêts acquis chaque année ne peuvent être remis en cause. Reste que la fiscalité finale dépend de l’ancienneté du contrat : après huit ans, l’abattement annuel (4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple) permet d’optimiser le rendement net en cas de retrait partiel.
Comptes à terme européens, visibilité totale contre blocage des fonds
Les comptes à terme accessibles via des plateformes comme Raisin affichent un taux brut maximum de 2,85 % en 2026 pour une immobilisation d’un an. Après prélèvements sociaux et flat tax (au total 30 %), le rendement net s’établit à 1,99 %. Sur 15 000 euros placés, cela génère 299 euros nets contre 225 euros sur un Livret A, soit un écart de 74 euros.
L’avantage principal réside dans la prévisibilité : le taux est connu à la souscription, et le capital bénéficie de la garantie des dépôts européens jusqu’à 100 000 euros par établissement et par titulaire. L’inconvénient majeur tient à l’absence totale de liquidité pendant la durée du contrat. Tout retrait anticipé entraîne une pénalité substantielle, voire la perte des intérêts acquis. Ce placement convient donc aux épargnants qui peuvent immobiliser une épargne de précaution longue, ou qui souhaitent sécuriser une échéance connue (apport immobilier, transmission).
SCPI, un rendement à 5 % mais une illiquidité structurelle
Les sociétés civiles de placement immobilier ont distribué en moyenne 5 % en 2025, avec des pointes à 7 % pour les véhicules les plus performants. Sur un investissement de 30 000 euros, cela représente 1 500 euros bruts annuels, contre 450 euros sur un Livret A. Or, ce rendement s’accompagne d’un risque de perte en capital et d’une liquidité dégradée. Les délais de revente peuvent atteindre plusieurs mois sur le marché secondaire, et certaines SCPI appliquent des décotes sur les parts cédées en période de tension.
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Le niveau de risque, évalué entre 3 et 4 sur l’échelle SRI (Synthetic Risk Indicator) à 7 niveaux, place les SCPI à un échelon supérieur aux fonds euros ou aux comptes à terme (tous deux à 0). La durée de placement recommandée s’étend sur 8 à 10 ans minimum, ce qui exclut tout usage en épargne de précaution. Ce support s’intègre davantage dans une logique de diversification patrimoniale à moyen terme, pour les investisseurs qui acceptent des fluctuations de valorisation en contrepartie d’un complément de revenus régulier.
À titre de comparaison, le LEP (Livret d’épargne populaire) demeure la solution la plus performante parmi les livrets réglementés, avec un taux de 2,5 % net d’impôt. Mais son accès reste conditionné à un plafond de revenus, et son plafond de versement limité à 10 000 euros restreint son effet de levier patrimonial. Pour les ménages dont l’épargne dépasse ce seuil, l’arbitrage entre sécurité et rendement passe par une allocation multi-supports : liquidité immédiate sur le Livret A pour les imprévus à court terme, fonds euros en assurance-vie pour l’épargne de moyen terme sécurisée, et comptes à terme ou SCPI pour les horizons plus longs acceptant une immobilisation contrepartie d’un gain supérieur.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.
