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Actions crypto en chute libre, bitcoin à 61 500 $ : ETF, géopolitique et effet domino en Bourse

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Le marché a pris une claque nette, le bitcoin est tombé vers 61 500 $, son plus bas niveau depuis octobre 2024. Dans la foulée, les actions exposées aux cryptomonnaies ont décroché, des plateformes de trading aux mineurs, avec un schéma classique, quand le prix du BTC glisse, la Bourse amplifie le mouvement sur les acteurs les plus sensibles.

Le déclic ne tient pas à un seul facteur. Les tensions géopolitiques ont ravivé l’aversion au risque, tandis que les investisseurs institutionnels ont retiré des montants importants des ETF bitcoin spot américains. Ajoute à ça des ventes institutionnelles, et un signal rare, la première cession de bitcoins par Strategy depuis des années, et tu obtiens un cocktail qui met la pression sur l’ensemble du secteur coté.

Bitcoin à 61 311 $, le choc de volatilité se répercute

Jeudi, le bitcoin a touché 61 311 $ avant de se reprendre partiellement autour de 62 580 $ en milieu de séance. Ce niveau marque un creux de près de quatre mois, dans un marché où la psychologie compte autant que les modèles. Quand une zone de prix cède, les algorithmes et les stops se déclenchent, et la baisse devient mécanique, même sans mauvaise nouvelle supplémentaire.

La séance a aussi été marquée par une liquidation massive sur les produits à effet de levier. Sur 24 heures, plus d’1 milliard de dollars de positions ont été effacés sur l’ensemble du marché crypto. Ce chiffre ne dit pas seulement “ça baisse”, il décrit une dynamique, des traders sur-exposés se font sortir, ce qui accélère la chute, puis crée des rebonds techniques quand la pression vendeuse se calme.

Sur un mois, la baisse est lourde, autour de -20 % pour le bitcoin. Ce n’est pas un détail, parce que beaucoup d’entreprises cotées, surtout les mineurs, modèlent leurs budgets sur des hypothèses de prix. Quand le BTC perd un cinquième de sa valeur en quelques semaines, le marché réévalue leurs marges, leur capacité à financer des machines, et même leur solvabilité si la dette devient plus chère.

Certains analystes évoquent un possible “plancher” en formation, mais sans promettre le point bas exact. Une idée revient, les creux sont des processus, pas des événements. Un commentateur de marché, Marc, résume ça simplement, quand tout le monde veut une bougie parfaite pour acheter, c’est rarement celle-là qui arrive. La nuance est importante, un rebond peut être violent, mais le chemin peut rester chaotique.

Coinbase, Strategy et Circle reculent, la Bourse amplifie le mouvement

Quand le BTC glisse, les actions “proxy” crypto bougent souvent plus vite. En avant-bourse, Coinbase a cédé autour de -1 %, tandis que Circle reculait d’environ -1,2 %. Ces variations peuvent sembler modestes sur une seule séance, mais elles s’inscrivent dans une séquence où la volatilité devient la norme, et où la liquidité se fragilise dès que les investisseurs réduisent le risque.

Le cas le plus scruté reste Strategy, associé à Michael Saylor et connu pour être un grand détenteur institutionnel de bitcoin. Le titre a reculé d’environ -1,5 % en avant-bourse. Le point sensible, c’est que la société a procédé à une première cession de bitcoins depuis des années, un signal que le marché lit comme un changement de posture, même si les montants et le timing comptent autant que le principe.

Pourquoi la Bourse amplifie-t-elle, alors que le bitcoin lui-même “ne fait que” bouger de quelques pourcents sur la journée? Parce que ces entreprises cumulent plusieurs risques. Elles ont des revenus corrélés aux volumes de trading ou au prix du BTC, des coûts fixes importants, et parfois des structures de financement qui deviennent plus coûteuses quand les taux montent. Une action, c’est une anticipation de flux futurs, pas une photo du présent.

Marc, un investisseur particulier qui suit ces dossiers depuis 2021, le dit sans détour, quand le bitcoin baisse, je regarde d’abord les actions, elles paniquent avant le spot. Ce réflexe illustre un biais, la Bourse réagit immédiatement à la peur de la baisse prolongée, même si le marché crypto peut rebondir en quelques heures. Mais il y a une critique à faire, cette amplification peut aussi créer des excès, à la hausse comme à la baisse.

MARA, Riot, CleanSpark: les mineurs décrochent avec des chutes de 4% à 7%

Les sociétés minières ont été parmi les plus sanctionnées. MARA Holdings et Riot Platforms ont reculé d’environ -4 % chacune, tandis que CleanSpark a lâché autour de -5,7 %. D’autres acteurs ont suivi, Hut 8 a perdu environ -5,5 % et Core Scientific autour de -4,5 %. Ce n’est pas un hasard, leur modèle est très “levier”.

Le levier, c’est simple, les revenus des mineurs dépendent du prix du bitcoin, alors que leurs coûts, énergie, maintenance, infrastructures, sont largement incompressibles à court terme. Quand le BTC chute, la marge se contracte vite. Et la Bourse anticipe aussi l’effet sur les bilans, parce que certains mineurs détiennent du bitcoin en trésorerie, ce qui ajoute un risque de dépréciation comptable.

Dans ce contexte, les investisseurs regardent des indicateurs très concrets, la capacité à financer de nouvelles machines, la gestion de la dette, et la résilience si le prix reste bas. Une baisse mensuelle de 20 % du BTC change la perception du risque. Même si le prix remonte de 2% dans la journée, le marché garde en tête la trajectoire récente, surtout quand l’environnement macro devient moins favorable aux actifs risqués.

Marc, qui a déjà vécu la phase 2022, note un détail, les mineurs, c’est le stress test du secteur, tu vois tout de suite si le marché croit au rebond. Son observation tient, ces titres réagissent souvent avant le reste, parce qu’ils sont sensibles à la moindre variation. Mais il faut aussi le dire, ce sont des dossiers où la volatilité peut piéger, et où une lecture “tout ou rien” conduit souvent à acheter trop tôt.

Sorties de 396 M$ des ETF bitcoin spot, la demande institutionnelle se dégonfle

Le point le plus lourd, c’est la dynamique des ETF. Sur une seule journée, environ 396 millions de dollars sont sortis des ETF bitcoin spot américains, selon des données de marché largement suivies. Plus tôt dans la semaine, les sorties avaient déjà atteint environ 1 milliard de dollars. Quand ces véhicules passent d’un rôle d’aspirateur de demande à un canal de retraits, l’équilibre offre-demande se dégrade vite.

Sur trois semaines, les rachats nets totalisent environ 3,7 milliards de dollars. Ce chiffre compte parce qu’il suggère une tendance, pas un accident. Les investisseurs institutionnels, qui avaient contribué à soutenir le marché, réduisent l’exposition. Et quand ce flux s’inverse, il laisse moins de catalyseurs immédiats pour un rebond, surtout si les particuliers hésitent et si les traders à levier viennent de se faire liquider.

Une partie de cette rotation a favorisé des investissements liés à l’intelligence artificielle. Concrètement, les capitaux qui auraient pu se diriger vers les actifs numériques se déplacent vers des valeurs perçues comme plus “porteuses” ou plus lisibles en termes de croissance. Ce déplacement n’est pas idéologique, il est pragmatique, dans une logique de performance relative, les gérants arbitrent ce qui monte contre ce qui baisse.

Marc résume le dilemme, quand je vois 3,7 milliards sortir en trois semaines, j’arrête de chercher une explication exotique. Sa remarque pointe un angle mort fréquent, on sur-interprète les rumeurs, alors que les flux parlent. Mais nuance, ces sorties ne signifient pas que “tout le monde abandonne” la crypto, elles signifient que, sur la période, les vendeurs dominent, et que la reprise demande souvent un événement ou un changement de contexte.

Conflit États-Unis Iran, taux et halving 2024: le contexte pèse sur le risque

Le repli s’inscrit dans une fuite plus large des actifs risqués. Les tensions liées au conflit entre les États-Unis et l’Iran ont poussé des investisseurs vers des valeurs refuges. Dans ce type d’épisode, le bitcoin se comporte souvent comme un actif “risk-on”, sensible à la nervosité globale. Quand l’incertitude géopolitique monte, la priorité devient la liquidité et la protection, pas la prise de risque.

Ce climat nourrit aussi l’idée que les banques centrales pourraient rester fermes sur les taux pour éviter de perdre le contrôle de l’inflation. Or des taux plus élevés pèsent sur les valorisations boursières et sur les cryptomonnaies, parce que l’argent coûte plus cher et que les investisseurs exigent un rendement plus immédiat. Un professionnel du secteur, Iliya Kalchev de Nexo, souligne que le bitcoin réagit plus vite et plus visiblement que beaucoup d’autres actifs.

Le recul actuel efface aussi une partie de la hausse qui avait suivi la victoire électorale de Donald Trump fin 2024, période où le secteur avait été porté par des attentes favorables aux cryptoactifs. Le contraste est frappant avec le sommet d’octobre 2025, à 126 251,31 $, niveau cité par des observateurs de marché. Quand un actif a déjà doublé puis reperdu une grande partie, la confiance devient fragile.

Dernier repère, le cycle lié au halving d’avril 2024. Des analystes notent que les creux précédents étaient apparus environ 777, 889 et 924 jours après leurs halvings respectifs, et que le marché se situe autour de 770 jours après celui de 2024. Ce n’est pas une garantie, mais c’est un cadre. Marc tranche, les cycles aident à garder la tête froide, mais ils ne paient pas la facture si le contexte macro se dégrade.

À retenir

  • Le bitcoin est tombé vers 61 500 $, plus bas depuis octobre 2024, avant un rebond partiel.
  • Les actions crypto cotées reculent, avec une amplification boursière sur Coinbase, Strategy et Circle.
  • Les mineurs (MARA, Riot, CleanSpark) chutent davantage, leurs marges étant très sensibles au prix du BTC.
  • Les sorties des ETF bitcoin spot, 396 M$ en une journée et 3,7 Md$ sur trois semaines, pèsent sur la demande.
  • La géopolitique et la perspective de taux plus élevés renforcent la fuite hors des actifs risqués.

Questions fréquentes

Pourquoi les actions liées aux cryptos baissent-elles plus vite que le bitcoin ?
Ces sociétés cumulent plusieurs leviers de risque: revenus corrélés au prix du bitcoin ou aux volumes, coûts fixes élevés, et parfois dette ou besoins de financement. La Bourse anticipe les effets sur les marges et les bilans, ce qui amplifie souvent les mouvements du BTC.
Quel rôle jouent les sorties des ETF bitcoin spot dans la baisse ?
Les ETF spot constituent un canal majeur de demande institutionnelle. Quand les flux deviennent négatifs, comme avec 396 M$ sortis en une journée et 3,7 Md$ sur trois semaines, cela retire un soutien structurel au prix et réduit les catalyseurs de rebond à court terme.
Pourquoi les sociétés de minage sont-elles particulièrement touchées ?
Leur chiffre d’affaires dépend fortement du prix du bitcoin, tandis que leurs coûts, énergie, infrastructures, maintenance, restent élevés et peu flexibles à court terme. Une baisse rapide du BTC réduit mécaniquement la rentabilité attendue, ce que le marché répercute sur les cours.
La liquidation d’un milliard de dollars de positions à levier change-t-elle la dynamique ?
Oui. Les liquidations forcées accélèrent souvent la baisse quand les seuils de marge sont atteints. Une fois ces positions sorties, la pression vendeuse peut se calmer et provoquer des rebonds techniques, mais cela ne garantit pas qu’un plancher durable soit déjà en place.
Le halving d’avril 2024 peut-il aider à identifier un point bas ?
Certains analystes comparent le timing actuel aux cycles précédents, où des creux avaient été observés 777, 889 et 924 jours après le halving. Le marché se situe autour de 770 jours après celui d’avril 2024, ce qui fournit un cadre historique, sans certitude sur le calendrier exact.
Astrid
Astrid
Astrid supervise l’ensemble des services de rédaction de Finance Actu. Elle veille à la qualité éditoriale des contenus et à la cohérence des publications couvrant les thématiques économiques, financières et patrimoniales.

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